POESIES D'AFRIQUE
  Nostalgie ! Ah! Tu es mon compagnon permanent Depuis que j'ai quitte mon pays Il y a trente ans! Mon âme entre tes mains saisies. Je t'ai senti des le moment que je me suis mis en route pour Yoff, Mes yeux fixes sur le paysage les larmes tombant comme une pluie sans control sur mon étoffe. Hélas! Tu me serrais trop le coeur À chaque fois que je posais mes yeux sur mes soeurs, Elles n'ont jamais été aussi belles qu'a ce moment D'angoisse plus profonde que n'importe quel océan! Même l'air qui me caressait les joues ne pouvait me soulager. Son parfum doux me mettait quà songer. Mes amis d'enfance Dont je ne savais quand revoir Hélas! J'étais dans un transe vertigineux qui m'avait sous son pouvoir! Ooo! Nostalgie malgré la douleur dont tu m'as cause au départ Tu as fini par être mon confort a l'heure De me ressourcer sans retard! Mohammed
Mendiante Surgie de nul ailleurs, je parcours vos chemins D'une marche nocturne, orpheline du soleil Toujours guettant, scrutant sur la face des hommes La lueur d'un sourire, le fantôme d'un émoi Hélas, mille hélas, chaque visage sous mes yeux Est une porte fermée ployant sous le cadenas Je suis née dans la soif, qui donc l'apaisera ? J'ai grandi dans la faim, qui donc la comblera ? Pauvre parmi les pauvres, fille de ma pauvreté Hélas, mille hélas, seul l'écho me répond Est ce trop espérer que la miséricorde De la part de ces êtres qui ne vivent que par elle ? J'ai jeuné un long jour dans ma quête de Dieu Lui vouant ma misère comme un humble présent Car je n'ai d'autre offrande qu'une pieuse privation A genoux, prosternée, j'ai prié en pleurant Seigneur, je me prive d'un pain digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de Toi J'ai quitté les villages, ignoré les hameaux, M'éloignant à chaque pas de la folie des hommes Dans un jeune prolongé ciselant ma faiblesse, Mais toujours répétant cette prière inouïe Seigneur, je me prive d'un pain digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de Toi La nature m'a offert ses joyaux bigarrés Et mainte source pure m'a voulu retenir "Cueille mes grappes blondes, bois mon eau glacée" La grappe était féconde et fraîche était l'ondée Mais j'ai passé ma route, retenant ce refrain Seigneur je me prive d'un pain digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de Toi A l'orée de deux mondes, un ange m'est apparu Fleur de consolation à mon âme défaillante "Bois ma lumière d'or et goûte ma compassion" La lumière était belle, et douce la compassion mais j'ai tourné la tête, lui répétant mon voeu Seigneur, je me prive d'un pain digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de Toi Aux confins du désert, mirage de la géhenne Satan longuement m'a brûlée d'un sarcasme de fer "Je te tends une coupe faite d'éclats de basalte Où bouillonne le sang d'innocents suppliciés" J'ai vaincu sa harangue en clamant à sa face Seigneur, je me prive d'un pain digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de Toi J'ai cessé de marcher pour entrer dans un monde où l'espace et le temps se pressent à ma rencontre J'y ai vu le grand Moise, le prophète d'israel M'apporter une jarre faite d'un monde d'autrefois La terre sainte et cuivrée de sa Jérusalem Où les flots du Jourdain chantent un pieux hosannah "Vois ce que tu désirais o toi jeune pèlerin Vois le breuvage divin qui baptisera tes lèvres c la pureté du dogme dans le vase de la loi" Les hommes verront le vase, ils ne verront pas l'eau Quand l'eau sera tarie, quand le vase sera vide Les hommes prendront la glaise pour couvrir leur péchés Et leur coeur sera jarre , dure, sèche et sans vie Voilà Issa, le bel Issa au sourire angélique Qui m'offre sa coupe faite dans un cèdre d'argent Où scintille la pourpre des vignobles bénis Lorsque tintent les cloches de la Nativité "Prends, mon enfant, ce présent qui est tien Prends ta part à l'ivresse des naufragés en Dieu C'est une douceur de lune fiancée à l'amour" Les hommes boiront le vin et oublieront le vase La liqueur de l'extase est la mère du blasphème Les hommes seront ivres et riront du péché Et leur coeur sera flot, flot de démence éparse Ma gorge n'est plus et mon âme s'évanouit Mais j'irai jusqu'au bout de ce voeu prononcé Seigneur, je me prive d'un pain qui est digne de moi Daigne seulement m'offrir un breuvage digne de toi C'est alors qu'apparaît, répandant la ferveur Sous chacun de ses pas qui l'approchent de moi La lumière de Dunia et de Alakhira A laquelle est dédié, tel un gage d'amour L'univers tout entier , reflet d'un diamant pur Il n'est pas devant moi, mais tout autour de moi Car il est firmament dans un ciel sans terre Sa pureté a rempli tout l'espace consentant D'une blancheur sublime qui m'a oté la vue Mais monte à l'horizon, à l'orient de cette sphère Un soleil plus que d'or, un soleil pure lumière Fruit tendu par sa main aux allures de nuée Tandis que s'élève le cantique d'une aurore "Mange et deviens ce trésor de lumière Sois enfin ce fruit d'or à la sève lactée Toute beauté en dehors et rahma en son coeur Car c'est là l'ambroisie qui convient au Seigneur". Maryam313
  Mere Afrique La plus belle sculpture Le plus beau berceaux Que Dieu, sans rupture, Posa sur la terre, disant que c'était beau. Dans ta jeunesse, Tu étais bien belle Vêtue de ta sagesse Tes soeurs du Nord, l'Ouest, l'Est et Sud pleines de querelles. Tu es la première en tout Tu as donne naissance au premier êtres humains Qui se sont éparpilles partout Qui, aujourdhui, dans leur ivresse ne se serrent point les mains. Ta douleur est profonde, Tes enfants ingrats Arraches de tes seins pour le nouveau monde Aujourd'hui te méprisent dans leur Mardi-Gras. Malgré toutes tes douleurs, Et les maintes vols aux mains des êtres humains Tu continues toujours pleines de couleurs A nous offrir ton amour sans crainte du lendemain. Mohammed
  Parfois Parfois On se demande si notre vie a un sens Puis on rencontre enfin "l'Ami" Qui donne un sens a cette vie. Je te dédie ceci.... Je t'aime en Lui O Toi qui marche dans la nuit, Un espoir, une tendre poésie Au delà du visible, reviens a la vie. Ibrahim
Notre Enfant Source de nos pulsions, Raison de nos émotions, Baromètre de nos réactions, Tu es un don de Dieu. Ton sourire câlin, Ton regard malicieux, Tes paroles insolites Nous font pâmer de joie. Nous tolérons tes pleurs, Nous cultivons tes rires, Nous encourageons tes pas, Nous supportons tes caprices. Tu es l'âme de la maison. Pour qu'elle soit vivante, Pour qu'elle soit animée, Reste toujours enfant. Baboucar
Pour Mes Frères Je verse pour mes frères au Paradis Une calebasse d'amour et d'eau bénie Akhira dansera ce vendredi A la musique des du'as de mon esprit Sacrifice des anciens au bord du fleuve J'honore le rituel en mémoire éternelle Du fils orphelin dans les bras de la veuve Qui verse des larmes sur la tombe de l'autel Sang de mon sang et chair de ma chair L'ETERNITÉ vous envoie les salaams d'un frère; Victimes des voies de l'infâme sous nos yeux Vous serez la Voix de nos âmes dans les Cieux Le soleil de la vie est mort trop souvent Sous les coups du sabre qui ne connut la paix Mais il brillera ce soir dans l'or de mon sang Au dessus de l'arbre mutilé par l'épée Et ce vendredi, s'il plait a Dieu A la porte du balzarh de la Lumière Mes soeurs danseront avec mes frères Au son de la calebasse de mes voeux Je verse pour mes frères au Paradis Une calebasse d'amour et d'eau bénie Entends mes prières, Ya Sayyidi. Good Gee
  S'il M'est Permis De Rêver Dans une prairie rémoise, tendre coin de Champagne, Jai rêve d'un monde sans armes ni bagne Ou les enfants joueraient avec lions et louves; D'un monde sans guerre ni cruelle douleur Infligée par des lâches, ces soldats du malheur. Jai rêve d'un monde ou tous les hommes vivent A lombre de la foi, s'embrassant comme des frères, Chérubins ou anges de même père ou de mère: Toute une famille humaine libérée des fantômes Qui noyaient dans le sang ses puériles querelles. Sortie des ages sombres, des menaces de l'atome! Jai rêve dun monde ou tous les hommes sattellent A loffice du bonheur, un seul Dieu, un seul autel. Ahmed Niang
  Soleil J'ai d'écrit le printemps des Merveilles Aux sarazins de la belle saison Et ils versèrent des larmes d'amour A la vue de ton tendre Secret J'ai déposé le nectar de l'abeille Sur la poitrine de mes compagnons Et leur âme dansa sur la tour Des amoureux de l'Eternité Comment donc parler du Soleil Qui éclipse la lune des passions Si la Lumière d'un simple jour Aveugle le coeur des initiés? Good Gee
  Sénégal As-tu déjà vu Amon Rê Incendier notre ciel d'hivernage, Dans un flambloiement rouge orangé Nuancé de jaune oeuf ? N'as tu jamais admiré Le vol des glaciles flamants roses, L'envol des lourds pélicans patauds, cargos du ciel, Et les pirouettes des hirondelles ballerines A la poursuite d'insectes multicolores ? As-tu une fois de nos femmes respiré L'enivrant parfum du gongo, En écoutant le doux chant des colliers de perles, Dansant au rythme de ce déhanchement si ensorcelant ? Ne tes-tu jamais laissé emporter Par l'envoûtante flûte du berger peulh, Le ricanement du coquin tam-tam d'aisselle, Ou les lyriques envolées de la mélodieuse kora ? As-tu au monde connu, Un peuple aussi hâbleur et gouailleur, Curieux et hospitalier, Si métisse, si laïque, et pourtant si uni ? Porte océane, Porte du non-retour dans un récent passé tragique Encore présent dans nos curs, Notre porte vous est ouverte a tous. Aurais-tu envie de connaître mon beau pays ? Maxu
PLANETE DES ARTS DE GORÉE

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