Histoire du Sénégal

La littérature sénégalaise, notamment, est l'une des plus importantes de l'Afrique francophone. Le grand écrivain du Sénégal est sans contredit Léopold Sédar Senghor, célèbre poète de la Négritude (Chants d'ombre, 1945 ; Éthiopiques, 1956) et important essayiste (Liberté I à V, 1964-1993). Parmi les nombreux écrivains qui se sont illustrés dans tous les genres, citons le vieux compagnon de Senghor Birago Diop (Contes d'Amadou Koumba, 1947), Ousmane Sembène (Les Bouts de bois de Dieu, 1960) et Cheikh Hamidou Kane (L'Aventure ambiguë, 1961). Dans le combat pour la Négritude se dresse aussi l'essayiste Cheikh Anta Diop (Nations nègres et Culture, 1954). Il est à noter que depuis 1976, les femmes font une remarquable sortie en littérature au Sénégal. Que l'on songe notamment à Mariama Bâ (Une si longue lettre, 1980) et à Aminata Sow Fall (Le Revenant, 1976).

Liste d'écrivains sénégalais

Mariama Bâ

  RITES ET TRADITIONS

  Christine Adjahi Gnimagnon, également Bénin Berte-Evelyne Agbo, également Bénin Emilie Anifranie Ehah, également Togo Clotilde Armstrong (1929- ) Mariama Bâ (1929-1981) Mariama Barry, également Guinée Sokhna Benga Jacqueline Fatima Bocoum Francy Brethenoux-Seguin Ken Bugul (1947-) Aïssatou Cissé Mamadou Cisse (1956- ) Aïssatou Cissokho D-F [modifier] Aïssatou Diagne Deme Nafissatou Dia Diouf (1973- ) Nafissatou Niang Diallo (1941-1982) Aïssatou Diam, ? Mame Younousse Dieng Tafsir Ndické Dièye Aminata Sophie Dièye (1973- ) Yaram Dièye Fatou Diome (1968- ) Birago Diop (1906-1989) Boubacar Boris Diop (1946- ) Cheikh Anta Diop (1923-1986) David Diop (1927-1960) Coumba Diouf Sylviane Diouf Aïsha Diouri (1974- ) Richard Dogbeh (1932-2003), également Bénin, Togo et Côte d'Ivoire Khadi Fall (1948- ) Kimé Dirama Fall G-N [modifier] Absa Gassama Khadidjatou (Khady) Hane Sylvie Kande, née en France Cheikh-Hamidou Kane (1928 - ) Aminata Maïga Ka (1940- ) Ayavi Lake (1980- ) Tita Mandeleau (1937- ) Annette Mbaye dErneville (1926- ) Ndèye Comba Mbengue Diakhaté Diana Mordasini Aminata Ndiaye (1974- ) Catherine NDiaye (1952- ) Marie Ndiaye, née en France (1967- ) Fatou Sow Ndiaye Ndèye Doury Ndiaye (1936- ) Mariama Ndoye Anne Marie Niane, née au Vietnam (1950- ) Djibril Tamsir Niane (1932- ), également Guinée Mame Bassine Niang (1951- ) Fatou Niang Siga (1932- ) O-Z [modifier] Valérie Pascaud-Junot (née en France) Anne Piette, née en France (1943- ) Mama Seck Mbacke Abdoulaye Sadji (1910-1961 ) Amadou Lamine Sall (1951- ) Sylvestre Simon Samb Ousmane Sembène (1923- ) Fama Diagne Sène (1969- ) Léopold Sédar Senghor (1906-2001) Fatou Ndiaye Sow (1956-2004) Aminata Sow Fall (1941- ) Amina Sow Mbaye (1937- ) Khady Sylla (1963- ) Abibatou Traoré (1973- ) Marie Rose Turpin (1957- ) Myriam Warner Vieyra (1939- ), née en Guadeloupe Phillis Wheatley (1753-1784)

Mariama Bâ, née en 1929 à Dakar en Sénégal et morte en 1981 au Sénégal, est une écrivain sénégalaise. Elle a été élevée par ses grands-parents dans un milieu musulman traditionnel et son père était ministre de la santé au Sénégal en 1956. Issue dune famille traditionnelle et musulmane, Mariama Bâ intègre une école française après la mort de sa mère et se fait remarquer par des résultats distingués. Par conséquent, elle se décide à intégrer l'École Normale de Rufisque en 1943, quelle quitte munie dun diplôme d'enseignement en 1947. Après douze ans durant lesquelles elle exerce sa profession, elle demande sa mutation au sein de l'Inspection régionale de l'enseignement, sa santé devenue fragile. Ayant donné naissance à neuf enfants, elle obtient le divorce de son conjoint, le député Obèye Diop. Suite à son expérience du mariage, Mariama Bâ s'engage pour nombre d'associations féminines en propageant l'éducation et les droits des femmes. À cette fin, elle prononce des discours et publie des articles dans la presse locale. Dès sa publication en 1980, son premier roman en forme épistolaire connaît un réel succès et est retenu pour la remise du Prix Noma lors de la Foire du livre de Francfort. Elle meurt peu de temps plus tard d'un cancer et avant la sortie de son deuxième roman. Un Lycée de Dakar (La Maison d'Éducation Mariama Bâ) porte à ces jours son nom. Primordialement, ses oeuvres reflètent les conditions sociales de son entourage immédiat et de l'Afrique en général, ainsi que les problèmes, qui en résultent, tels que polygamie, castes, exploitation des femmes pour le premier -, opposition de la famille, manque de capacité de s'adapter au nouveau milieu culturel face à des mariages interraciaux pour le deuxième roman. Oeuvres Une si longue lettre, Roman, 1979 La Fonction politique des littératures africaines écrites, 1981 Le Chant écarlate, Roman, 1981

  RELIGION AU SENEGAL
  LES ETHNIES AU SENEGAL

  le vieux senegal en images

  LES RECETTES DU PAYS

Léopold Sédar Senghor

  Cheikh-Hamidou Kane

Cheik-Hamidou Kane est un écrivain sénégalais né à Matam en 1928. Après des études d'économie à la Sorbonne, pendant lesquelles il collabore à la revue Esprit et fréquente les cercles intellectuels, il est nommé, à trente ans, gouverneur de Thiès Il est l'auteur de L'Aventure ambiguë (Julliard, 1961), conte du déchirement d'un émigré africain en Occident pris entre deux cultures :"Si je leur dis d'aller à l'école nouvelle (...) ce qu'ils apprendront vaut-il ce qu'ils oublieront ?". Ce livre reçoit le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1962.

Ousmane Sembène (né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, Sénégal, mort le 9 juin 2007 à Dakar, Sénégal), était un réalisateur sénégalais. Mais il était aussi acteur, scénariste, écrivain et surtout militant obstiné, construisant son oeuvre multiforme sur son engagement politique et social. Biographie Ousmane Sembène est né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, une ville de la Casamance. À partir de 7 ans, il fréquente lécole coranique et lécole française, apprenant à la fois le français et larabe, alors que sa langue maternelle est le wolof. En 1942, il est mobilisé par larmée française et intègre les tirailleurs sénégalais. En 1946, il embarque clandestinement pour la France et débarque à Marseille, où il vivra de différents petits travaux. Il sera notamment docker au port de Marseille. Il adhère à la CGT et au Parti communiste français. Il milite contre la guerre en Indochine et pour lindépendance de lAlgérie. En 1956, il publie son premier roman, Le Docker noir qui relate son expérience de docker. Il sera suivi en 1957 par Ô pays, mon beau peuple. En 1960, il publie un nouveau roman, les Bouts de bois de Dieu qui raconte lhistoire de la grève des cheminots en 1947-1948 du Dakar-Niger, la ligne de chemin de fer qui relie Dakar à Bamako. Lhistoire se déroule parallèlement à Dakar, Thiès et Bamako sur fond de colonialisme et de lutte des cheminots pour accéder aux mêmes droits que les cheminots français. En 1960, lannée de lindépendance du Soudan français qui devient le Mali et du Sénégal, Ousmane Sembène rentre en Afrique. Il voyage à travers différents pays : le Mali, la Guinée, le Congo. Il commence à penser au cinéma, pour donner une autre image de lAfrique, voulant montrer la réalité à travers les masques, les danses, les représentations. En 1961, il entre dans une école de cinéma à Moscou. Il réalise dès 1962 son premier court-métrage Borom Saret (le bonhomme charrette), suivi en 1964 par Niaye. En 1966 sort son premier long-métrage, qui est aussi le premier long métrage négro-africain du continent, intitulé La Noire de... (Prix Jean-Vigo de la même année). D'emblée, Ousmane Sembène se place sur le terrain de la critique sociale et politique avec l'histoire dune jeune sénégalaise qui quitte son pays et sa famille pour venir en France travailler chez un couple qui lhumiliera et la traitera en esclave, la poussant jusqu'au suicide. Considéré comme l'un de ses chefs-d'uvre et couronné par le Prix de la Critique Internationale au Festival de Venise, Le mandat (1968) est une comédie acerbe contre la nouvelle bourgeoisie sénégalaise, apparue avec l'indépendance. En 1979, son film Ceddo est d'ailleurs interdit au Sénégal par le président Léopold Sédar Senghor qui justifiera officiellement cette censure par une faute d'orthographe : le terme ceddo ne s'écrirait (selon lui) qu'avec un seul d ! Évidemment, l'explication est fantaisiste, le pouvoir sénégalais ayant en fait à cur de ne pas froisser les autorités religieuses, notamment musulmanes. Sembène relate la révolte à la fin du XVIIe siècle des Ceddos, peuple aux convictions animistes qui refuse de se convertir. Il attaque ainsi avec virulence les invasions conjointes du catholicisme et de l'islam en Afrique de l'Ouest, leur rôle dans le délitement des structures sociales traditionnelles avec la complicité de l'aristocratie locale. En 1988, malgré le prix spécial du jury reçu au Festival de Venise, il est victime à nouveau de la censure, mais en France cette fois-ci, avec Le Camp de Thiaroye, film hommage aux tirailleurs sénégalais et surtout dénonciation d'un épisode accablant pour l'armée coloniale française en Afrique, qui se déroula à Thiaroye en 1944. En 2000, avec Faat Kiné, il débute un triptyque sur lhéroïsme au quotidien , dont les deux premiers volets sont consacrés à la condition de la femme africaine (le troisième, La Confrérie des Rats était en préparation). Le second, Mooladé (2003), aborde de front le thème très sensible de l'excision. Le film relate lhistoire de quatre fillettes qui fuient lexcision et trouvent refuge auprès dune femme, Collé Ardo (jouée par la Malienne Fatoumata Coulibaly), qui leur offre lhospitalité (le Mooladé) malgré les pressions du village et de son mari. Sembène a récolté à cette occasion une nouvelle kyrielle de récompenses en 2004 : prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine, prix Un Certain Regard à Cannes, prix spécial du jury au festival international de Marrakech entre autres. Des récompenses qui viennent compléter une liste décidemment très longue, dans laquelle on remarquera notamment le prestigieux prix Harvard Film Archive décerné par l'Université Harvard de Boston en 2001. Sembène semble heureusement ne s'être jamais assoupi dans une autosatisfaction molle et confortable. L'infatigable revendique toujours un cinéma militant et va lui-même de village en village, parcourant l'Afrique, pour montrer ses films et transmettre son message. Le 9 novembre 2006, quelques mois avant sa mort, il reçoit, à la résidence de l'ambassadeur de France à Dakar, les insignes d'officier dans l'ordre de la Légion d'honneur de la République française[1]. Malade depuis plusieurs mois, il meurt à l'âge de 84 ans à son domicile à Yoff le 9 juin 2007. Il est inhumé au cimetière musulman de Yoff. Filmographie 1963 : Borom Sarret, court-métrage 1963 : LEmpire songhay, court-métrage documentaire 1964 : Niaye 1966 : La Noire de... (scénariste, réalisateur) 1968 : Le Mandat (Mandabi) (scénariste, réalisateur) 1970 : Taaw, court-métrage 1971 : Emitaï (Dieu du tonnerre) (scénariste, réalisateur) 1974 : Xala (scénariste, réalisateur) 1976 : Ceddo (scénariste, réalisateur, acteur) 1987 : Le Camp de Thiaroye (scénariste, réalisateur) 1992 : Guelwaar 2000 : Faat Kiné 2003 : Moolaadé (scénariste, réalisateur) Bibliographie Écrits de Sembène 1956 : Le Docker noir, (Éditions Présence africaine), 2000, ISBN 2708702939 1957 : Ô pays, mon beau peuple 1960 : Les Bouts de bois de Dieu 1962 : Voltaïque 1964 : L'Harmattan 1965 : Le Mandat 1973 : Xala 1981 : Le Dernier de l'Empire 1987 : Niiwam, suivi de Taaw (Éditions Présence africaine) "Vehi-Ciosane, ou, Blanche-Genèse : Suivi du Mandat", Ed.: Société Nouvelle Présence africaine, 2000, ISBN 2708701703 Écrits sur Sembène (de) Pierre Haffner, Der Widerstandskämpfer: Sembène Ousmane , dans Revue pour le cinéma français (CICIM), n 27-28, Institut français de Munich, 1989, p. 76-92 (d'après une interview de 1977) (en) Samba Gadjigo, Ousmane Sembène: Dialogues with Critics and Writers, Amherst, University of Massachusetts Press, 1993 (fr) Martin T. Bestman, Sembene Ousmane : Romancier et les fonctions socioesthétiques du roman négro-africain, Université Laval, 1972 (thèse) (fr) Khonde Bonfenda, Le néo-bourgeois de Dakar, d'après Sembene Ousmane, Université de Montréal, 1991 (M.A.) (fr) Marie A. Lanthiez-Schweitzer, Ousmane Sembène, romancier de l'Afrique émergente, University of British Columbia, 1976 (thèse) (en) David Murphy, Imagining Alternatives in Film and Fiction - Sembene, Oxford, Africa World Press Inc., 2001 (en) Sada Niang et Samba Gadjigo, Interview with Ousmane Sembene , Research in African Literatures, 26:3 (automne 1995), p. 174-178 (en) Françoise Pfaff, The Cinema of Ousmane Sembène, New York, Londres, 1984 (fr) Sembène Ousmane , CinémAction, n 34, 1995 (fr) Sada Niang, Littérature et cinéma en Afrique francophone : Ousmane Sembène et Assia Djebar, Paris, LHarmattan, 1996 (fr) Ahmed Rufa'i, L'image de la femme africaine dans l'uvre d'Ousmane Sembene, Université de Sherbrooke, 1983 (M.A.) (fr) Paulin Soumanou Vieyra, Ousmane Sembène : cinéaste. Première période 1962-1971, Paris, Présence Africaine, 1972, 244 p.

Léopold Sédar Senghor naquit le 9 octobre à Joal, petite ville côtière située au sud de Dakar, Sénégal. Son père, Basile Diogoye Senghor, était un commerçant appartenant à la bourgeoisie sérère, une ethnie minoritaire au Sénégal. Sa mère, Gnilane Ndiémé Bakhou (-1948), que Senghor appelle dans Élégies Nyilane la douce , est une musulmane d'origine peule, appartenant à l'ethnie tabor et troisième épouse de Basile Senghor. Elle eut six enfants, dont deux garçons. Senghor a hérité des sérères le fait d'avoir, outre un prénom, deux noms : son nom de famille, Senghor et son nom sérère, Sedar signifiant quon ne peut humilier . Senghor commença ses études au Sénégal, d'abord chez les Pères du Saint-Esprit à Ngazobil, puis à Dakar au collège-séminaire et à l'école laïque. Il est déjà passionné de littérature française. Une fois son baccalauréat en poche, il obtint une bourse pour poursuivre ses études supérieures en France. 1928 - 1944 : l'errance Senghor arrive en France en 1928. Cela marquera le début de seize années derrance , selon ses dires. Il sera tout d'abord étudiant à la Sorbonne mais très vite découragé, il poursuivra en hypokhâgne et khâgne à Louis-le-Grand où il prépare le concours d'entrée à l'école normale supérieure. Il y côtoie Paul Guth, Henri Queffélec, Robert Verdier et Georges Pompidou avec qui il se liera d'amitié. Après un échec au concours d'entrée, il décide de préparer l'agrégation de grammaire. Pour l'agrégation, il fait une demande de naturalisation. Il obtient l'agrégation de grammaire en 1935, après une première tentative non couronnée de succès. C'est la première fois qu'un Africain devient agrégé. Il débute sa carrière d'enseignant au lycée Descartes à Tours puis au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, dans la région parisienne. Outre ses activités d'enseignant, il suit des cours de linguistique négro-africaine dispensés par Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Marcel Cohen, Marcel Mauss et de Paul Rivet à l'Institut d'ethnologie de Paris. En 1939, Senghor est enrôlé comme officier de l'armée française dans la 59e division dinfanterie coloniale. Un an plus tard, il est arrêté et fait prisonnier par les Allemands à La Charité-sur-Loire. Il est interné dans divers camps puis au Front Stalag 230 de Poitiers, un camp de prisonniers réservé aux troupes coloniales. Les Allemands voulaient le fusiller le jour même de son incarcération ainsi que les autres soldats noirs présents. Ils échapperont à ce massacre en s'écriant Vive la France, vive lAfrique noire . Les Allemands baissent leurs armes car un officier français leur fait comprendre qu'un massacre purement raciste nuirait à l'honneur de la race aryenne et de l'armée allemande. Au total, Senghor passera deux ans dans les camps de prisonniers, temps qu'il consacrera à la rédaction de poèmes. En 1942, il est libéré, pour cause de maladie. Il reprend ses activités d'enseignant et participe à la résistance dans le cadre du Front national universitaire. 1945 : l'homme politique Léopold Sédar Senghor Parlementaire français Naissance 9 octobre 1906 Décès 20 décembre 2001 Mandat Député 1945-1958 Début du mandat début du mandat Fin du mandat fin du mandat Circonscription Sénégal Groupe parlementaire SFIO (1945-1948) IOM (1948-1958) IVème République 1945 - 1960 : dans la France coloniale Au lendemain de la guerre, il reprend la chaire de linguistique à lÉcole nationale de la France d'outre-mer qu'il occupera jusqu'à l'indépendance du Sénégal en 1960. Au cours d'un de ses voyages de recherche sur la poésie Sérère au Sénégal, le chef de file local des socialistes, Lamine Gueye lui propose d'être candidat à la députation. Senghor accepte et est élu député de la circonscription Sénégal-Mauritanie à l'Assemblée nationale française où les colonies viennent d'obtenir le droit d'être représentées. Il se démarqua de Lamine Guèye au sujet de la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger. Ce dernier vote contre car le mouvement social paralysait la colonie alors que Senghor soutient le mouvement, ce qui lui valut une grande popularité. En 1946, Senghor se marie avec Ginette Eboué, la fille de Félix Eboué, gouverneur général de l'Afrique équatoriale française avec qui il eut deux fils, Francis-Arphang (1947-) et Guy-Wali (1948-1984). Il lui consacrera le poème Chants pour Naëtt repris dans le recueil de poèmes Nocturnes sous le titre Chants pour Signares . Fort de son succès, il quitte l'année suivante la section africaine de la section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) qui avait soutenu financièrement en grande partie le mouvement social, et fonde avec Mamadou Dia le Bloc démocratique sénégalais (1948), qui remporta les élections législatives de 1951. Lamine Guèye perd son siège. Réélu député en 1951 comme indépendant d'Outre-mer, il est secrétaire d'État à la présidence du Conseil dans le gouvernement Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, devient maire de Thiès au Sénégal en novembre 1956 puis ministre conseiller du gouvernement Michel Debré, du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961. Il fut aussi membre de la commission chargée délaborer la constitution de la Cinquième République, conseiller général du Sénégal, membre du Grand Conseil de l'Afrique Occidentale Française et membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Entre temps, il divorça de sa première femme en 1956 et se remaria l'année suivante avec Colette Hubert, une française originaire de Normandie avec qui il eut un fils, Philippe-Maguilen (-1981). Il consacrera recueil Lettres d'Hivernage à sa seconde femme. Senghor fait paraître en 1964 le premier volume d'une série de cinq volumes intitulée Liberté. Ce sont des recueils de discours, allocutions, essais et préfaces. 1960 - 1980 : au Sénégal Drapeau de la Fédération du Mali Drapeau du Sénégal Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendant, une sorte de "Commonwealth à la française". Le 13 janvier 1957, une convention africaine est créée. La convention réclame la création de deux fédérations en Afrique française. Senghor se méfie de la balkanisation de l'AOF en huit petits états[2]. Le fédéralisme n'obtenant pas la faveur des pays africains, il décide de former, avec Modibo Keïta, l'éphémère fédération du Mali avec l'ancien Soudan français (l'actuel Mali). La fédération du Mali est constituée en janvier 1959 et regroupe le Sénégal, le Soudan français, le Dahomey (l'actuel Bénin) et la Haute-Volta (l'actuel Burkina Faso). Un mois après, le Dahomey et la Haute-Volta quittent la fédération refusant sa ratification. Les deux fédéralistes se partagent les responsabilités. Senghor assure la présidence de l'assemblée fédérale. Modibo Keïta prend la présidence du gouvernement. Les dissensions internes provoquent l'éclatement de la fédération du Mali. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame son indépendance et le 22 septembre, Modibo Keïta proclame lindépendance du Soudan français qui devient la République du Mali. Élu le 5 septembre 1960, Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l'auteur de l'hymne national sénégalais, le Lion rouge. Le Premier ministre, Mamadou Dia, est chargé de la mise en place du plan de développement à long terme du Sénégal tandis que Senghor est en charge des relations internationales. Les deux hommes entrent rapidement en conflit. En décembre 1962, Mamadou Dia est arrêté et suspecté d'avoir tenté un coup d'état. Il restera douze ans en prison. À la suite de cet événement, Senghor instaure un régime présidentiel. Le 22 mars 1967 Senghor échappe à un attentat. Le coupable sera condamné à mort. Il démissionne de la présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf le remplace à la tête du pouvoir. Sous sa présidence, le Sénégal a instauré le multipartisme (limité à trois composantes : socialiste, communiste et libérale), ainsi qu'un système éducatif performant. Senghor est souvent reconnu pour être un démocrate. Néanmoins, il réprima violemment plusieurs mouvements estudiantins. Francophonie Il soutint la création de la Francophonie et fut le vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie. En 1982, il a été l'un des fondateurs de l'Association France et pays en voie de développement dont les objectifs étaient de susciter une conscientisation des problèmes de développement des pays du Sud, dans le cadre d'une refonte des données civilisatrices. 1983 : l'académicien Il est élu à l'Académie française le 2 juin 1983, au 16e fauteuil, où il succède au duc de Lévis-Mirepoix[3]. Il est le premier africain à siéger à l'Académie française, celle-ci poursuivant ainsi son processus d'ouverture après l'entrée de Marguerite Yourcenar. La cérémonie par laquelle Senghor entre dans le cercle des académiciens a lieu le 29 mars 1984, en présence de François Mitterrand. 2001 : ses obsèques En 1993, paraît le dernier volume des Liberté : Liberté 5: le dialogue des cultures. Il a passé les dernières années de son existence auprès de son épouse, à Verson, en Normandie où il est décédé le 20 décembre 2001. Ses obsèques ont eu lieu le 29 décembre 2001 à Dakar en présence de Raymond Forni, président de l'Assemblée nationale et de Charles Josselin, secrétaire dÉtat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie. Jacques Chirac et Lionel Jospin, respectivement président de la République française et premier ministre de l'époque ne s'y sont pas rendus. Ce manque de reconnaissance a suscité une vive polémique. Le parallèle a été fait avec les tirailleurs sénégalais qui, après avoir contribué à la libération de la France, ont dû attendre plus de 40 ans pour avoir le droit de percevoir une pension équivalente (en terme de pouvoir d'achat) à celle de leurs homologues français. L'académicien Erik Orsenna écrivit dans Le Monde un point de vue intitulé : J'ai honte . Dans les milieux littéraires et poétiques, l'absence des deux premiers responsables politiques français à ces obsèques a été encore plus sévèrement jugée. On a pu lire : s'évitant de voir leur vision étriquée du monde confrontée à l'ampleur de la puissance intellectuelle du poète africain, d'un point de vue purement ontologique, leur absence même est un hommage suprême rendu au chantre de la francophonie. Le fauteuil numéro 16 de l'Académie française laissé vacant par la mort du poète sénégalais, ce sera un autre ancien président, Valéry Giscard d'Estaing qui le remplacera. Comme le veut la tradition, il rendra hommage à son prédécesseur lors d'un discours de réception donné le 16 décembre 2004[4]. Confronté au puzzle senghorien, il décidera de présenter les différentes facettes de Senghor De lélève appliqué, puis de létudiant déraciné ; du poète de la contestation anti-coloniale et anti-esclavagiste, puis du chantre de la négritude ; et enfin du poète apaisé par la francisation dune partie de sa culture, à la recherche lointaine, et sans doute ambiguë, dun métissage culturel mondial . Senghor a reçu de nombreuses décorations au cours de sa vie, dont la grand-croix de la Légion dhonneur, la Grand-croix de l'ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et des Lettres, Commandeur des Palmes académiques et Grand-croix de l'ordre du Lion du Sénégal. Ses faits d'armes lui vaudront la médaille de la Reconnaissance franco-alliée 1939-1945 et la Croix de combattant 1939-1945. Il est docteur honoris causa de trente-sept universités[5]. L'université internationale de langue française d'Alexandrie inaugurée en 1990 porte son nom. Poésie Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire, est construite sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par delà leurs différences. Senghor a estimé que le langage symbolique de la poésie pouvait constituer les bases de ce projet. En 1978, Senghor reçut le prix mondial Cino Del Duca. Le poème À l'appel de la race de Saba paru en 1936 est inspiré de l'entrée des troupes italiennes à Addis-Abeba. Il fit également partie des premiers comités de la Société des Poètes et Artistes de France (la SPAF) dans les années 1950 et 1960. Négritude Alors qu'il était étudiant, il créa en compagnie du martiniquais Aimé Césaire et du guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire L'Étudiant noir en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé Négrerie . Césaire la définit ainsi : La Négritude est la simple reconnaissance du fait d'être noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture . Senghor explique en ces termes le concept de Négritude la Négritude, cest l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles quelles s'expriment dans la vie, les institutions et les oeuvres des Noirs. Je dis que cest là une réalité : un nud de réalités (Liberté 1, Négritude et Humanisme, p. 9). Politique Bien que socialiste, Senghor se tint à l'écart des idéologies marxiste et anti-occidentale devenues populaires dans l'Afrique post-coloniale, favorisant le maintien de liens étroits avec la France et le monde occidental. Beaucoup y voient une contribution décisive dans la stabilité politique du pays - qui demeure une des rares nations africaines à n'avoir jamais eu de coup d'État et avoir eu des transferts toujours pacifiques du pouvoir. Légende noire Une légende tenace veut que Senghor soit le premier normalien sénégalais. En réalité, le premier sénégalais reçu à Normal Sup est Omar Diop Blondin qui est un des acteurs du film La Chinoise de Jean-Luc Godard. Opposant à Senghor, il a été emprisonné au Sénégal suite à sa condamnation à trois ans de réclusion pour atteinte à la sûreté de l'État, par un Tribunal Spécial, le 23 mars 1972. Il est mort pendu, peut être assassiné, dans la prison centrale de Gorée, le 11 mai 1973. Poèmes Chants dombre, poèmes (Le Seuil) 1945 Hosties noires, poèmes (Le Seuil) 1948 Ethiopiques (Le Seuil) 1956 Nocturnes, poèmes (Le Seuil) 1961 Lettres dhivernage, poèmes (Le Seuil) 1973 Élégies majeures, poèmes (Le Seuil) 1979 Guélowar ou prince (Le Seuil 1948) Nuit de Sine La ruer de l'or Essais Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, précédée de Orphée noir par JP.Sartre 1948 (PUF) Liberté 1 : Négritude et Humanisme, discours, conférences (Le Seuil) 1964 Liberté 2 : Nation et Voie africaine du Socialisme, discours, conférences (Le Seuil) 1971 Liberté 3 : Négritude et Civilisation de lUniversel, discours, conférences (Le Seuil) 1977 Liberté 4 : Socialisme et Planification, discours, conférences (Le Seuil) 1983 Liberté 5 : Le dialogue des cultures (Le Seuil) 1992 La Poésie de laction, dialogue (Stock) 1980 Ce que je crois : Négritude, francité, et civilisation de luniversel (Grasset) 1988 Littérature jeunesse La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre (en collaboration) (Hachette) 1953 Distinctions Membre de l'Académie française, Membre correspondant de l'Académie bavaroise, Membre étranger de l'Académie des sciences morales et politiques, Membre étranger de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, Membre étranger de l'Académie des sciences d'outre-mer, Membre étranger de la Black Academy of Arts and Letters, Membre étranger de l'Académie Mallarmé, Membre étranger de l'Académie du royaume du Maroc Décorations Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de l'ordre national du Mérite Commandeur des Palmes académiques Commandeur des Arts et des Lettres Médaille de la Reconnaissance franco-alliée 1939-1945 Croix du combattant (1939-1945) Grand-croix de l'ordre du Lion du Sénégal Il est également titulaire de très nombreuses décorations étrangères. Prix, médailles Médaille d'or de la langue française ; Grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; Médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjöld (1965) ; Grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; Prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; Prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; Grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; Prix Guillaume Apollinaire (1974) ; Prince en poésie (1977) Prix Cino del Duca (1978) ; Prix international du livre, (Communauté mondiale du livre, Unesco, 1979) ; Prix pour l'ensemble de son uvre, décerné par le président Sadate (1980) ; Médaille d'or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) ; Premier prix mondial Aasan ; Prix Alfred de Vigny (1981) ; Prix Athénaï, à Athènes (1985) ; Prix international du Lion d'or, Venise (1986) ; Prix Louise Michel, Paris (1986) ; Prix du Mont-Saint-Michel, (1986) ; Prix Intercultura, Rome (1987) Hommages Plaque commémorative, située dans la ville de Québec, au Québec. Le collège de Corbeny (Aisne) porte son nom, en souvenir de l'un de ses parents qui avait combattu sur le Chemin des Dames, tout proche. Bibliographie en français (fr) Léopold Sédar Senghor : bibliographie, Dakar, Bureau de documentation de la Présidence de la République, 1982 (2e édition), 158 p. (fr) Yvan Venev (sous la direction de Mme Matcheu Madjeu), La première bibliographie mondiale de Léopold Senghor, membre de l'Académie française (1100 publications) (1943-1995), vol. I : La partie chronologique et l'index des noms de personnes, Paris, Académie francophone, 1999, 119 p. (ISBN 2913417019) (fr) Joseph-Roger de Benoist, Léopold Sédar Senghor, avec un témoignage de Cheikh Hamidou Kane, Paris, Beauchesne, 1998, 304 p. (ISBN 270101378X) (fr) Jean-Pierre Biondi, Senghor, ou, La tentation de l'universel, Paris, Denoël, 1993, 197 p. (ISBN 2207240401) (fr) André-Patient Bokiba (sous la direction de), Le siècle Senghor, Publications du Département de littératures et civilisations africaines de l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, Congo), Paris, L'Harmattan, 2001, 256 p. (ISBN 2747510719) (fr) André-Patient Bokiba, Le Paratexte dans la littérature africaine francophone : Léopold Sédar Senghor et Henri Lopes, Paris, L'Harmattan, 2006, 186 p. (ISBN 2296009778) (fr) Hervé Bourges, Léopold Sédar Senghor : lumière noire, Paris, Mengès, 2006, 183 p. (ISBN 2856204678) (fr) Sophie Courteille, Léopold Sédar Senghor et l'art vivant au Sénégal, Paris, Harmattan, 2006, 199 p. (ISBN 2296019005) (fr) Daniel Delas (sous la direction de), Senghor et la musique , Le Français dans le monde, n 344, Paris, Organisation internationale de la Francophonie, 2006, 104 p. (fr) Daniel Delas, Léopold Sédar Senghor : le maître de langue, Croissy-Beaubourg, Aden, 2007, 301 p., (ISBN 9782848400877) (fr) Jean-Michel Djian, Léopold Sédar Senghor, genèse d'un imaginaire francophone ; suivi d'un entretien avec Aimé Césaire, Gallimard, 2005, 253 p. (ISBN 2070776018) (fr) René M. Gnaléga, La cohérence de l'uvre poétique de Léopold Sédar Senghor, Abidjan, Nouvelles Editions ivoiriennes, 2001, 111 p. (ISBN 2844871062) (fr) Armand Guibert et Nimrod, Léopold Sédar Senghor, Paris, Seghers (Poètes d'aujourd'hui), 2006, 364 p. (ISBN 2232122751) (fr) Robert Jouanny, Senghor : "le troisième temps" : documents et analyses critiques, Paris, L'Harmattan, 2002, 220 p. (ISBN 2747525368) (fr) Buata Malela, "Comme le lamantin va boire à la source. Le mythe de lAfrique unitaire chez L.S. Senghor", Latitudes noires, 1, Paris, Homnisphères, 2003, p.185-200. (fr) Nicolas Martin, Senghor et le monde : la politique internationale du Sénégal, Paris, ABC, 1979, 176 p. (ISBN 2858091080) (fr) Babacar Ndiaye et Waly Ndiaye, Présidents et ministres de la République du Sénégal, Dakar, 2006 (2e édition), 462 p. (fr) Christian Roche, L'Europe de Léopold Sédar Senghor, Toulouse, Privat, 2001, 126 p. (ISBN 2708969331) (fr) Christian Roche, Léopold Sédar Senghor : le président humaniste (préface d'Abdou Diouf), Toulouse, Privat, 2006, 239 p. (ISBN 2708968602) (fr) François de Saint-Cheron, Senghor et la terre, Paris, Editions Sang de la terre, 1988, 138 p. (ISBN 2869850336) (fr) Njami Simon, C'était Senghor, Paris, Fayard, 2006, 326 p. (ISBN 2213629765) (fr) Marcien Towa, Léopold Sédar Senghor, négritude ou servitude ?, Yaoundé, Éditions CLE, 1971, 115 p. (ISBN 2723500063) (fr) Etienne Traoré, Léopold Sédar Senghor : le malheur de la conscience négro-africaine et ses fondements socio-historiques, Dakar, Université de Dakar, 1974, 155 p. (Mémoire de Maîtrise philosophie) (fr) Janet G. Vaillant, Vie de Léopold Sédar Senghor : noir, français, africain (préface d'Abdou Diouf, postface de Souleymane Bachir Diagne, traduit de l'anglais américain par Roger Meunier), Paris, Karthala, 2006, 448 p. (ISBN 2845867573) en allemand (de) János Riesz, Leopold Sedar Senghor. Der afrikanische Aufbruch im 20. Jahrhundert, Peter Hammer Verlag, 2006, 240 p. (ISBN 3779500477) (de) Günther Unser, Intelligenzia und Politik im Senegal : von den Anfängen bis zur Unabhängigkeit im Jahre 1960, Université d'Aix-la-Chapelle, 1971 (thèse) en anglais (en) William Kluback, Léopold Sédar Senghor: from politics to poetry, New York, P. Lang, 1997, (ISBN 0820434884) (en) Sebastian Okechukwu Mezu, The poetry of Leopold Sedar Senghor, Londres, Heinemann, 1973, 101 p. (ISBN 0435186507) (en) Janice S. Spleth, Léopold Sédar Senghor, Boston, Twayne Publishers, 1985, 184 p. (ISBN 0805766162) en italien (it) Graziano Benelli, La necessità della parola : Léopold Sédar Senghor, Ravenne, Longo, 1982, 131 p. (ISBN L8000) (it) Marco Squarcini, Il pensiero politico di Léopold Sédar Senghor, Milan, A. Giuffrè, 1984, 127 p. (ISBN 8814000379) Médaille d'or de la langue française ; Grand prix international de poésie de la Société des poètes et artistes de France et de langue française (1963) ; Médaille d'or du mérite poétique du prix international Dag Hammarskjöld (1965) ; Grand prix littéraire international Rouge et Vert (1966) ; Prix de la Paix des libraires allemands (1968) ; Prix littéraire de l'Académie internationale des arts et lettres de Rome (1969) ; Grand prix international de poésie de la Biennale de Knokke-le-Zoute (1970) ; Prix Guillaume Apollinaire (1974) ; Prince en poésie (1977) Prix Cino del Duca (1978) ; Prix international du livre, (Communauté mondiale du livre, Unesco, 1979) ; Prix pour l'ensemble de son uvre, décerné par le président Sadate (1980) ; Médaille d'or de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs) ; Premier prix mondial Aasan ; Prix Alfred de Vigny (1981) ; Prix Athénaï, à Athènes (1985) ; Prix international du Lion d'or, Venise (1986) ; Prix Louise Michel, Paris (1986) ; Prix du Mont-Saint-Michel, (1986) ; Prix Intercultura, Rome (1987) Hommages Plaque commémorative, située dans la ville de Québec, au Québec. Le collège de Corbeny (Aisne) porte son nom, en souvenir de l'un de ses parents qui avait combattu sur le Chemin des Dames, tout proche. Bibliographie en français (fr) Léopold Sédar Senghor : bibliographie, Dakar, Bureau de documentation de la Présidence de la République, 1982 (2e édition), 158 p. (fr) Yvan Venev (sous la direction de Mme Matcheu Madjeu), La première bibliographie mondiale de Léopold Senghor, membre de l'Académie française (1100 publications) (1943-1995), vol. I : La partie chronologique et l'index des noms de personnes, Paris, Académie francophone, 1999, 119 p. (ISBN 2913417019) (fr) Joseph-Roger de Benoist, Léopold Sédar Senghor, avec un témoignage de Cheikh Hamidou Kane, Paris, Beauchesne, 1998, 304 p. (ISBN 270101378X) (fr) Jean-Pierre Biondi, Senghor, ou, La tentation de l'universel, Paris, Denoël, 1993, 197 p. (ISBN 2207240401) (fr) André-Patient Bokiba (sous la direction de), Le siècle Senghor, Publications du Département de littératures et civilisations africaines de l'université Marien Ngouabi de Brazzaville, Congo), Paris, L'Harmattan, 2001, 256 p. (ISBN 2747510719) (fr) André-Patient Bokiba, Le Paratexte dans la littérature africaine francophone : Léopold Sédar Senghor et Henri Lopes, Paris, L'Harmattan, 2006, 186 p. (ISBN 2296009778) (fr) Hervé Bourges, Léopold Sédar Senghor : lumière noire, Paris, Mengès, 2006, 183 p. (ISBN 2856204678) (fr) Sophie Courteille, Léopold Sédar Senghor et l'art vivant au Sénégal, Paris, Harmattan, 2006, 199 p. (ISBN 2296019005) (fr) Daniel Delas (sous la direction de), Senghor et la musique , Le Français dans le monde, n 344, Paris, Organisation internationale de la Francophonie, 2006, 104 p. 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(ISBN 2858091080) (fr) Babacar Ndiaye et Waly Ndiaye, Présidents et ministres de la République du Sénégal, Dakar, 2006 (2e édition), 462 p. (fr) Christian Roche, L'Europe de Léopold Sédar Senghor, Toulouse, Privat, 2001, 126 p. (ISBN 2708969331) (fr) Christian Roche, Léopold Sédar Senghor : le président humaniste (préface d'Abdou Diouf), Toulouse, Privat, 2006, 239 p. (ISBN 2708968602) (fr) François de Saint-Cheron, Senghor et la terre, Paris, Editions Sang de la terre, 1988, 138 p. (ISBN 2869850336) (fr) Njami Simon, C'était Senghor, Paris, Fayard, 2006, 326 p. (ISBN 2213629765) (fr) Marcien Towa, Léopold Sédar Senghor, négritude ou servitude ?, Yaoundé, Éditions CLE, 1971, 115 p. (ISBN 2723500063) (fr) Etienne Traoré, Léopold Sédar Senghor : le malheur de la conscience négro-africaine et ses fondements socio-historiques, Dakar, Université de Dakar, 1974, 155 p. (Mémoire de Maîtrise philosophie) (fr) Janet G. Vaillant, Vie de Léopold Sédar Senghor : noir, français, africain (préface d'Abdou Diouf, postface de Souleymane Bachir Diagne, traduit de l'anglais américain par Roger Meunier), Paris, Karthala, 2006, 448 p. (ISBN 2845867573) en allemand (de) János Riesz, Leopold Sedar Senghor. Der afrikanische Aufbruch im 20. Jahrhundert, Peter Hammer Verlag, 2006, 240 p. (ISBN 3779500477) (de) Günther Unser, Intelligenzia und Politik im Senegal : von den Anfängen bis zur Unabhängigkeit im Jahre 1960, Université d'Aix-la-Chapelle, 1971 (thèse) en anglais (en) William Kluback, Léopold Sédar Senghor: from politics to poetry, New York, P. Lang, 1997, (ISBN 0820434884) (en) Sebastian Okechukwu Mezu, The poetry of Leopold Sedar Senghor, Londres, Heinemann, 1973, 101 p. (ISBN 0435186507) (en) Janice S. Spleth, Léopold Sédar Senghor, Boston, Twayne Publishers, 1985, 184 p. (ISBN 0805766162) en italien (it) Graziano Benelli, La necessità della parola : Léopold Sédar Senghor, Ravenne, Longo, 1982, 131 p. (ISBN L8000) (it) Marco Squarcini, Il pensiero politico di Léopold Sédar Senghor, Milan, A. Giuffrè, 1984, 127 p. (ISBN 8814000379)

  ALIMENTS D'AFRIQUE

  LA COIFFURE DU PAYS

  LES PROVERBES

  Géographie et climat

  LA FLORE AU SENEGAL

  LES ANIMAUX

  Birago Diop

Birago Diop (1906-1989) est un écrivain sénégalais d'expression française, qui rendit hommage à la tradition orale de son pays en publiant des contes, notamment ses Contes d'Amadou Koumba. Biographie Né à Ouakam (Dakar), il reçut une formation coranique et suivit simultanément les cours de l'école française. Pendant ses études de médecine vétérinaire à Toulouse, il resta à l'écoute des travaux des africanistes et s'associa à la fin des années 1930 au mouvement de la Négritude qui comptait alors Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire. C'est à Paris qu'il composa en 1942 les Contes d'Amadou Koumba (publiés en 1947), marquant dès ce premier livre sa prédilection pour la tradition orale des griots, ces conteurs populaires dont il ne cessa jamais d'écouter la voix. Respectueux de l'oralité, il affina un talent original d'écrivain dans les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba (1958) et Contes et Lavanes (1963) ; son recueil de poèmes Leurres et Lueurs (1960) est profondément imprégné de culture française alliée aux sources d'une inspiration purement africaine. Sa carrière diplomatique, après l'indépendance de son pays, et son retour à son premier métier de vétérinaire à Dakar n'entravèrent pas son exploration de la littérature traditionnelle africaine, mais il déclara avoir cassé sa plume . Il publia néanmoins la Plume raboutée et quatre autres volumes de mémoires de 1978 à 1989.

  Ousmane Sembène

 CINEMA AU SENEGAL

  Aminata Sow Fall

Aminata Sow Fall, née en 1941 à Saint-Louis (Sénégal), est une écrivaine sénégalaise. Biographie Après plusieurs années au lycée Faidherbe de Saint-Louis, Aminata Sow Fall termine son éducation secondaire au lycée Van Vo à Dakar. Par la suite elle entame une licence de lettres modernes en France. Après son mariage en 1963 elle rentre au Sénégal pour dabord se dédier à lenseignement, puis prendre une fonction au sein dune Commission nationale de réforme de lenseignement du français. De 1979 à 1988 directrice des Lettres et de la propriété intellectuelle au ministère de la Culture, et du Centre détudes et de civilisations, lui sont également à attribuer des mérites autour de la fondation de la maison dédition Khoudia, du Centre africain danimation et déchanges culturels, du Bureau africain pour la défense des libertés de lécrivain à Dakar et du Centre international détudes, de recherches et de réactivation sur la littérature, les arts et la culture à Saint-Louis. Plusieurs Universités lont dotée dun titre de docteur honoris causa. En général bâties sur un fond de contrastes et de conflits sociaux résultant de la coexistence des cultures et valeurs traditionnelles et occidentales, ses uvres vivent principalement de lironie exprimée par le langage et les réflexions du point de vue du narrateur. Bibliographie Le Revenant, Roman, 1976 La Grève des Bàttu, 1979 : Porté à lécran par Cheick Oumar Sissoko en 2000 produit par Emet Films - Producteur : Patrick Young La Politique Moderne et son Orientation de préserver les Apparences se heurtant au rites traditionnelles et religieux autour de laumône aux dépourvus LAppel des arènes, 1982 : Distancé de la famille et des valeurs traditionnelle après des études à létranger un couple redécouvre ces racines culturelles à travers sa progéniture : Porté à lécran par Cheikh N'Diaye en 2006 produit par Sira Badral - Producteur : Cheikh N'Diaye Ex-Père de la Nation, 1987 : Léchec dun politicien idéaliste, qui voit son rôle en Père de la Nation, face aux réalités sociales et économiques. Les conséquences sont la transition de son régime en dictature, puis finalement sont renversement dans le sang Résumée du point de vue de l(ex-)dirigeant Le Jujubier du patriarche, 1993 Douceurs du bercail, 1998 Un grain de vie et despérance, 2002 : Réflexion sur lart de manger et la nourriture au Sénégal, suivi dune vingtaine de recettes proposées par Margo Harley Festin de détresse, 2005

  Tafsir Ndické Dièye

  Cheikh Anta Diop

Cheikh Anta Diop (né le 29 décembre 1923 à Diourbel - mort le 7 février 1986 à Dakar) est un historien et anthropologue sénégalais. Il a mis l'accent sur l'apport de l'Afrique et en particulier de l'Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales. Ses thèses restent aujourd'hui contestées, et peu reprises dans la communauté scientifique occidentale L'homme et l'oeuvre Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 à Théytou, dans la région de Diourbel (Sénégal). À l'âge de 23 ans, il part à Paris pour étudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de Frédéric Joliot-Curie. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l'époque, selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé. En 1951, Diop prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l'Université de Paris, dans laquelle il affirme que l'Égypte antique était peuplée d'Africains noirs et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l'Afrique de l'Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps à réunir un jury, mais d'après Doué Gnonsoa, sa thèse rencontre un grand écho sous la forme d'un livre, Nations nègres et culture, publié en 1954. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France. Diop met à profit sa formation pluridisciplinaire pour combiner plusieurs méthodes d'approche. Il s'appuie sur des citations d'auteurs anciens comme Hérodote et Strabon pour illustrer sa théorie selon laquelle les Égyptiens anciens présentaient les mêmes traits physiques que les Africains noirs d'aujourd'hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lèvres). Son interprétation de données d'ordre anthropologique (comme le rôle du matriarcat) et archéologique l'amènent à conclure que la culture égyptienne est une culture nègre . Sur le plan linguistique, il considère en particulier que le wolof, parlé aujourd'hui en Afrique occidentale, est génétiquement apparenté à la langue égyptienne antique. Diop est un des historiens controversés de son époque[réf. nécessaire]. Lorsqu'il obtient son doctorat en 1960, c'est avec la mention honorable, ce qui en pratique, l'empêche d'enseigner en France. Il revient au Sénégal enseigner comme Maître de Conférences à l'Université de Dakar, désormais renommée Université Cheikh Anta Diop (UCAD). C'est seulement en 1981 qu'il y obtiendra le titre de professeur. Mais dès 1966, il crée au sein de cette Université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone. ; en collaboration avec celui du Commissariat français à l'énergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette. Il y effectue également des tests de mélanine sur des échantillons de peau de momies égyptiennes, dont l'interprétation permettrait, selon Diop, de confirmer les récits des auteurs grecs anciens sur la mélanodermie des anciens Égyptiens. Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique qui dirige, dans le cadre de l'UNESCO, la rédaction d'une Histoire générale de l'Afrique. Dans le cadre de la rédaction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire où il confronte les méthodes et résultats de ses recherches avec ceux des principaux spécialistes mondiaux. A la suite de ce colloque international, il lui est confié la rédaction du chapitre consacré à l'Origine des anciens Égyptiens. Le rapport final du colloque mentionne l'accord des spécialistes à l'exception d'un sur les éléments apportés par Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga au sujet de la filiation entre la culture égyptienne ancienne et les cultures africaines. Ainsi, pour le professeur Jean Vercoutter : l'Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser . Le professeur Leclant a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens. La communauté scientifique reste néanmoins partagée sur la nature du peuplement de l'Égypte ancienne : principalement composé de Noirs jusqu'à la perte de l'indépendance pour certains, mixte selon d'autres experts. Par ailleurs, dès 1947, Diop s'engage politiquement en faveur de l'indépendance des pays africains et de la constitution d'un État fédéral en Afrique. Jusqu'en 1960, il lutte pour l'indépendance de l'Afrique et du Sénégal et contribue à la politisation de nombreux intellectuels africains en France. Entre 1950 et 1953, il est secrétaire général des étudiants du Rassemblement démocratique africain et dénonce très tôt, à travers un article paru dans La Voix de l'Afrique noire, l'Union française, qui, quel que soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains . Poursuivant la lutte sur un plan plus culturel, il participe aux différents congrès des artistes et écrivains noirs et, en 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique : Fondements économiques et culturels d'un futur Etat fédéral en Afrique noire. Selon Doué Gnonsoa, Diop sera l'un des principaux instigateurs de la démocratisation du débat politique au Sénégal, où il animera l'opposition institutionnelle au régime de Léopold Sédar Senghor, à travers la création de partis politiques (le FNS en 1961, le RND en 1976), d'un journal d'opposition (Siggi, renommé par la suite Taxaw) et d'un syndicat de paysans. Sa confrontation, au Sénégal, avec le chantre de la Négritude serait l'un des épisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l'histoire contemporaine de l'Afrique Noire. Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil à Dakar, le 7 février 1986. Avec Théophile Obenga et Asante Kete Molefe, il est considéré comme l'un des inspirateurs du courant épistémologique de l'afrocentricité. En 1966, lors du premier festival des arts nègres de Dakar, Diop a été distingué comme l'auteur africain qui a exercé le plus d'influence sur le XXe siècle[12] . La théorie historiographique de Cheikh Anta Diop Cheikh Anta Diop a rassemblé les résultats de ses travaux dans le dernier ouvrage qu'il a publié avant son décès intitulé Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance ; où il expose sa théorie historiographique, tout en tentant de répondre aux principales critiques que son oeuvre a suscitées chez les historiens et égyptologues de mauvaise foi . Antériorité des civilisations nègres Selon Diop, l'homme (homo sapiens), est apparu sous les latitudes tropicales de l'Afrique, dans la région des Grands Lacs. La chaîne d'hominisation africaine serait la seule qui soit complète, la plus ancienne et également la plus prolifique. Ailleurs on trouverait des fossiles humains représentant des maillons épars d'une séquence d'hominisation incertaine. Diop pose que les premiers homo sapiens devaient être probablement de phénotype noir, parce que selon la règle de Gloger, les êtres vivants originaires des latitudes tropicales sécrètent plus de mélanine dans leur épiderme, afin de se protéger des rayonnements solaires. Ce qui leur confère une carnation aux nuances les plus sombres (ou les moins claires). Pour lui, pendant des millénaires, il ny a eu d'hommes sur Terre que de Nègres , nulle part ailleurs dans le monde qu'en Afrique, où les plus anciens ossements d'hommes "modernes" découverts ont plus de 150 000 ans d'âge ; tandis qu'ailleurs les plus vieux fossiles humains (ex. Proche-Orient) ont environ 100 000 ans. Selon Günter Bräuer, les fossiles humains sont d'autant plus anciens qu'ils se trouvent en Afrique, au cur de l'Afrique. Tandis qu'ils sont d'autant plus récents qu'ils se trouvent hors de l'Afrique, loin de l'Afrique. D'après Yves Coppens, aucune exception n'a encore été apportée à cette règle de cohérence de la théorie Out of Africa , qui reste la seule à présenter un si haut degré de stabilité. Si l'Afrique est le berceau de l'humanité , alors selon Diop les plus anciens phénomènes civilisationnels ont dû nécessairement avoir eu lieu sur ce continent. Donc, non seulement l'Afrique a un passé, mais aussi l'histoire de l'Afrique serait inaugurale, voire matricielle. Selon Nathalie Michalon, né en Afrique, l'homme y expérimente les plus anciennes techniques culturelles avant d'aller conquérir la planète, précisément grâce à elles. C'est ainsi que la fabrication d'outils (lithiques), la poterie, la sédentarisation, la domestication, l'agriculture, la cuisson, etc. sont attestées en Afrique antérieurement à tout autre endroit du monde. Selon Diop, comme l'Afrique a une superficie approximative de trente millions de kilomètres carrés, on imagine que la seule hominisation de tout cet espace a dû prendre plusieurs millénaires. En sorte que les fossiles/phénomènes humains de la moitié Sud de l'Afrique sont généralement plus anciens que ceux de sa moitié Nord. Selon un bulletin de l'IFAN, cette immensité géographique du premier environnement d'homo sapiens, compte tenu de sa grande diversité climatique, a eu pour autre conséquence de différencier très tôt l'humanité africaine, des points de vue phénotypique et morphologique. Au bout de plusieurs autres millénaires, des colonies humaines auraient émigré dans les régions limitrophes de l'Afrique. Là où sont attestés les plus anciens fossiles humains après ceux de l'Afrique, c'est-à-dire en Asie méridionale et en Europe méridionale. La principale cause naturelle des premières migrations humaines consisterait dans les évolutions climatiques : en la succession de périodes pluvieuses et de sècheresses en Afrique, correspondant respectivement à des périodes de glaciation et/ou de précipitation dans ses contrées limitrophes, en Europe méridionale et au Proche-Orient. Selon Diop, l'homo sapiens aurait suivi, dans les premiers temps, la disponibilité naturelle des ressources alimentaires (animales et végétales) au gré des conjonctures climatiques ; en empruntant toujours les voies naturelles de sortie de l'Afrique (Sicile, Italie du Sud, isthme de Suez, détroit de Gibraltar)[. Selon le site internet Hominides, les catalyseurs culturels de cette migration consisteraient dans la maitrise du feu, qui permettant de vivre dans des contrées tempérées, et selon Diop, l'invention de la navigation permettant de traverser de vastes étendues aquatiques. Selon Théophile Obenga, jusqu'à la première moitié du XXe siècle, cette perspective historiographique de Diop est aux antipodes de ce qui est communément diffusé ; depuis Hegel, Hume, Kant, Rousseau, Hobbes, Marx, Weber, Renan, etc. En sorte que son Nations nègres et culture serait le premier ouvrage de cette envergure à étudier l'histoire de l'Afrique antérieure aux traites négrières arabe et européenne, dans les temps les plus anciens. Toujours elon Obenga, Diop y introduit une profondeur diachronique qu'il n'y avait pas ; à la différence radicale des travaux ethnologiques ou anthropologiques généralement anhistoriques : le livre le plus audacieux qu'un nègre ait jamais écrit , dira Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. Égypte comme une civilisation négro-africaine L'égyptologie afrocentrée est un domaine de recherche initié par Cheikh Anta Diop, où l'on étudie la civilisation de l'Égypte ancienne en partant du postulat qu'elle est une civilisation négro-africaine. En effet, selon Diop la civilisation égyptienne serait une civilisation nègre . Par ses habitants Auteurs anciens Diop rapporte que selon Hérodote, Aristote, Strabon et Diodore de Sicile, les Égyptiens avaient la peau noir . Il signal également l'opinion du comte de Volney pour qui les Égyptiens seraient les descendant de nègre . D'autres auteurs, comme Mubabinge Bilolo, reprendront et développeront cet argument. Kemet Selon Cheikh Anta Diop, par l'expression Kemet, les Égyptiens se seraient désignés dans leur propre langue comme un peuple de Nègres . À l'appui de sa thèse, il invoque une graphie insolite de km.t déterminée par un homme et une femme assis, graphie traduite par les Égyptiens , mais que l'égyptologue afrocentrique Alain Anselin traduit comme une collectivité d'hommes et de femmes noirs . On n'en connait qu'une seule occurrence, dans un texte littéraire du Moyen Empire. En égyptien ancien, Kemet s'écrit avec comme racine le mot km, noir , dont Diop pense qu'il est à l'origine étymologique de la racine biblique kam . Pour lui, les traditions juive et arabe classent généralement l'Egypte comme un des pays de Noirs. En outre, selon Diop, le morphème km a proliféré dans de nombreuses langues négro-africaines où il a conservé le même sens de noir, être noir ; notamment dans sa langue maternelle, le wolof où khem signifie noir, charbonner par excès de cuisson , ou en pulaar où kembu signifie charbon . Tests de mélanine Selon Cheikh Anta Diop, les procédés égyptiens de momification ne détruisent pas l'épiderme au point de rendre impraticables les différents tests de la mélanine permettant de connaître leur pigmentation. Au contraire, eu égard à la fiabilité de tels tests, il s'étonne qu'ils n'aient pas été généralisés sur les momies disponibles. Sur des échantillons de peau de momie égyptienne prélevés au laboratoire d'anthropologie physique du Musée de l'Homme à Paris, Cheikh Anta Diop a réalisé des coupes minces, dont l'observation microscopique à la lumière ultraviolette lui fait classer indubitablement les anciens Egyptiens parmi les Noirs . Par sa langue L'argument linguistique de Diop comporte deux volets[38]. D'une part, l'auteur essaie de prouver que l'égyptien ancien n'appartient pas à la famille afroasiatique. D'autre part, il tente d'établir positivement la parenté génétique de l'égyptien ancien avec les langues négro-africaines contemporaines. Ainsi, d'après Diop et Obenga, les langues négro-africaines contemporaines et l'égyptien ancien ont un ancêtre linguistique commun, dont la matrice théorique (ou ancêtre commun pré-dialecta l) aurait été reconstituée par Obenga, qui l'a baptisée Négro-égyptien . La langue maternelle de Cheikh Anta Diop est le wolof (wolof, ouolof), et il a appris l'égyptien ancien lors de ses études d'égyptologie. Ce qui, selon Diop, lui aurait permis de voir concrètement qu'il y avait des similitudes entre les deux langues[41]. Il a donc tenté de vérifier si ces similitudes étaient fortuites, empruntées, ou filiales. Exemple de similitudes : nad : demander (en égyptien) lad : demander (en Wolof) nah : protéger (en égyptien) lah : protéger (en Walaf) benben : sourdre (en égyptien) bel bel : sourdre (en Walaf) Selon Diop, il y a une équivalence régulière entre le sens du mot égyptien et celui du mot walaf. Plus généralement, il y aurait une parfaite concordance entre le champ sémantique des mots égyptiens et celui des mots walaf de même morphologie. D'après Alain Anselin, le phénomène de duplication (benben/bel bel) est généralisé en égyptien ancien et dans les langues négro-africaines modernes : égyptien : dgdg = écraser du pied, piétiner somali : degdeg = vite, urgent walaf : dëgdëg = piétiner basaa : tegatega = clopin-clopan lingala : leka-leka = roder kikongo : dekadeka = vacillant. Diop observe une loi de correspondance entre n en égyptien et l en walaf. Il observe également qu'en présence d'un morphème ayant une structure nd en égyptien, on rencontre généralement un morphème équivalent en Walaf de structure ld. Le grand spécialiste de la linguistique historique, Ferdinand de Saussure, a établi que ce type de correspondances régulières n'est presque jamais fortuit en linguistique, et que cela a force de loi phonologique, dite sound laws . Pour Diop, la structure consonantique du mot égyptien (nd) est la même que celle du mot walaf (ld) ; sachant que souvent les voyelles ne sont pas graphiées en égyptien, même si elles sont prononcées. Cela veut dire, selon lui, que là où l'on note a pour l'égyptien, il est possible de rencontrer une toute autre voyelle dans le morphème walaf équivalent. Dans ce cas la correspondance ne serait approximative qu'en apparence, car c'est la phonétisation (la prononciation) de l'égyptien selon les règles de prononciation sémitiques qui serait erronée. Bien entendu une telle loi ne se déduit pas de deux ou trois exemples, elle suppose l'établissement de séries lexicales exhaustives ; comme on en trouve dans les ouvrages dédiés de Diop Par la culture spirituelle Cosmogonie Selon Cheikh Anta Diop, la comparaison des cosmogonies égyptiennes avec les cosmogonies africaines contemporaines (Dogon, Ashanti, Yorouba, etc.) montre une similitude radicale qui témoigne selon lui d'une commune parenté culturelle. Il avance une similitude du Dieu-Serpent dogon et du Dieu-Serpent égyptien, ou encore celle du Dieu-Chacal dogon incestueux et du Dieu-Chacal égyptien incestueux. L'auteur invoque également les isomorphies Noun/Nommo, Amon/Ama ; de même que la similitude des fêtes des semailles et autres pratiques cultuelles agraire ou cycliques. Totémisme Le totem est généralement un animal considéré comme une incarnation de l'ancêtre primordial d'un clan. A ce titre, ledit animal (ou parfois un végétal) fait l'objet de tabous qui déterminent des attitudes cultuelles spécifiques au clan, qu'on désigne par le terme de totémisme. Selon Diop, cette institution et les pratiques cultuelles afférentes sont attestées en Égypte tout comme dans les autres cultures négro-africaines . Circoncision Selon Diop ref>Nations nègres et culture, 1979, page 206 à 209, les Égyptiens pratiquaient la circoncision dès la période prédynastique. Se fondant sur un témoignage d'Hérodote dans Euterpe, il pense que cette institution se serait diffusée aux populations sémitiques depuis l'Égypte. Elle est attestée dans d'autres cultures négro-africaines , notamment chez les Dogons où elle est le pendant de l'excision. Ainsi pour Diop, circoncision et excision sont des institutions duelles de sexuation sociale ; celles-ci résulteraient des mythes cosmogoniques de l'androgynie originelle de la vie, en particulier de l'humanité (il cite l'exemple de l'androgynie d'Amon-Râ). Par sa sociologie Royauté Sacrée Selon Josep Cervello Autuori, la royauté égyptienne emporte une dimension sacerdotale comme ailleurs en Afrique noire. Mais selon Diop, un trait encore plus singulier commun aux souverains traditionnels africains consiste en la mise à mort rituelle du roi . Cette pratique serait attestée, notamment chez les Yorouba, Haoussa, Dagomba, Tchambas, Djoukons, Igara, Songhoy, Shillouks. Selon Diop, les Égytpiens auraient également pratiqué le régicide rituel, qui serait devenu progressivement symbolique, à travers la fête du Sed, un rite de revitalisation de la royauté. Matriarcat Pour Diop, le matriarcat est au fondement de l'organisation sociale négro-africaine . Aussi serait-il attesté comme tel en Égypte ancienne : aussi bien à travers le matronymat, que par la distribution matrilinéaire des pouvoirs publics. Stratification sociale Selon Diop, la société égyptienne ancienne était structurée hiérarchiquement de la même façon que les autres sociétés négro-africaines anciennes. Du bas de l'échelle socioprofessionnelle vers le haut, elle se composerait de : paysans, ouvriers spécialisés, appelés castes ailleurs en Afrique noire, guerriers, prêtres, fonctionnaires, Roi-Sacré, appelé Pharaon en égyptologie. Par sa culture matérielle Les plus vieux ustensiles et techniques de chasse, pêche, agriculture attestés en Égypte sont similaires à ceux connus dans les autres régions de l'Afrique. De même que les différentes coiffures et leurs significations, les cannes et sceptres royaux. Les travaux d'Aboubacry Moussa Lam sont particulièrement décisifs pour ce champ de la recherche ouvert par Diop. L'ensemble des différents types d'arguments que les afrocentristes invoquent mobilise diverses disciplines scientifiques, et constitue d'après eux un faisceau de preuves , c'est-à-dire un système argumentaire global, ayant sa propre cohérence interne qui l'établit comme un paradigme épistémologique autonome. Toutefois, la préoccupation de Diop consiste moins à innover en matière d'historiographie de l'Afrique, qu'à connaître profondément l'histoire de l'Afrique en vue d'en tirer les enseignements utiles pour agir efficacement sur son avenir. Il ne s'agit pas davantage de s'enorgueillir puérilement de quelque passé glorieux, mais de bien connaître où l'on vient pour mieux comprendre où l'on va. D'où sa remarquable prospective politique dans Les fondements économiques et culturels d'un État fédéral d'Afrique noire (éd. Présence africaine, 1960) ; et son implication concrète dans la compétition politique au Sénégal, son pays natal. Unité culturelle de l'Afrique noire Postérité de l'uvre de Cheikh Anta Diop Nombre d'auteurs, tout en reconnaissant que Diop a eu le mérite de libérer la vision de l'Égypte ancienne de son biais européocentriste, reste partagés sur certaines de ses conclusions. Certains chercheurs africanistes contestent l'insistance de Diop sur l'unité culturelle de l'Afrique noire. D'autres estiment que son approche pluridisciplinaire l'amène à des rapprochements sommaires dans certains domaines comme la linguistique, ou que ses thèses entrent en contradiction avec les enseignements académiques de l'archéologie[réf. nécessaire] et de l'histoire de l'Afrique et en particulier de l'Égypte. Ses travaux ne sont pas considérés comme une source fiable par une partie des historiens actuels[réf. nécessaire] affirmant que ses travaux suscitent l'intérêt sur le plan de l'historiographie de l'Afrique et non sur celui de la connaissance de son passé. Pour Mubabinge Bilolo. les rapprochements sommaires ne constituent pas un point négatif, car pour lui, Diop est un pionier qui a ouvert des perspectives, tracé des pistes de recherche et laissé une série de tâches pour les futures générations. Out of Africa Les travaux d'Yves Coppens, Luigi Luca Cavalli Sforza, Svante Paabo, Anna di Rienzo, Bryan Sykes, documentent abondamment la théorie de l'origine africaine de l'humanité. L'Égypte, une Ethiopie L'idée d'une Égypte ancienne noire avait déjà été avancée par d'autres auteurs, mais l'uvre de Cheikh Anta Diop est fondatrice dans la mesure où elle a considérablement approfondi l'étude du rôle de l'Afrique noire dans les origines de la civilisation. Elle a donné naissance à une école d'égyptologie africaine en inspirant par exemple Théophile Obenga, Mubabinge Bilolo et Molefi Kete Asante. Diop a participé à l'élaboration d'une conscience africaine libérée de tout complexe face à la vision européenne du monde. Ses travaux et son parcours sont aujourd'hui une référence constante des intellectuels africains, plus encore peut-être que Léopold Sédar Senghor auquel Diop a reproché d'avoir aliéné la négritude en la basant sur un type de raison différent de la raison européenne[réf. nécessaire]. Les travaux de Cheikh Anta Diop, entre autres, ont donné naissance à un courant historiographique dit de l'afrocentricité. Sur le plan linguistique, il a initié l'étude diachronique des langues africaines et a défriché l'histoire africaine précoloniale (hors période pré-égyptienne largement commentée). Désormais, le fait que l'Égypte soit une civilisation essentiellement africaine n'est pas remise en cause par les égyptologues, contrairement aux théories raciales visant à en faire une civilisation caucasoïde , leucoderme . Linguistique historique africaine Selon Cheikh Anta Diop, il existe des correspondances syntaxiques, morphologiques, phonologiques et grammaticales régulières entre les langues négro-africaines, notamment le walaf, et égyptien ancien. Il considère que les lois de correspondances observées entre égyptien ancien et walaf n'existent pas entre égyptien ancien et hébreu, arabe, ou berbère. Sa démarche dite de linguistique historique africaine sera généralisée par Théophile Obenga à de nombreuses autres langues négro-africaines, notamment le mbochi, sa langue maternelle. Oum Ndigi a réalisé des études similaires sur le basa. Aboubacry Moussa Lam a travaillé dans ce sens pour le peul. Alain Anselin a relevé de nombreuses similitudes régulières en ce qui concerne la grammaire du verbe, du geste et du corps en égyptien ancien et dans les langues négro-africaines modernes . Ainsi, toute une école de linguistique historique africaine est née de ces recherches, dont les auteurs et la publication sont désormais conséquents[réf. nécessaire]. Obenga a renommé négro-égyptien la théorie générale de cette linguistique historique africaine. Archéologie Des découvertes archéologiques récentes semblent en accord avec certaines hypothèses formulées par Diop, notamment en ce qui concerne sa théorie de l'antériorité des civilisations nègres [réf. nécessaire]. En effet, sur le site de Blombos ont été exhumées les plus anciennes uvres d'art jamais trouvées[réf. nécessaire]. Elles datent de plus de 70 000 ans. De même, sur le site de Kerma, les travaux du Suisse Charles Bonnet ont prouvé l'originalité de la civilisation de Kerma[réf. nécessaire] (-3000/1500)[62] par rapport à l'Égypte pharaonique. Le message que Diop souhaitait faire passer est qu'il écrivit en 1979 dans Nations Nègres et Culture est que : l'Afrique noire a une histoire riche et a largement contribué à l'origine des civilisations et des techniques. Épigraphie L'égyptologue Alain Anselin a cherché à démontrer l'africanité de l'écriture hiéroglyphique. Pour lui, si l'absence répétée des paires d'homophones nécessaires à l'établissement du code hiéroglyphique dans une famille de langues donnée rend difficile d'affirmer que cet univers linguistique puisse rendre compte de l'élaboration de l'écriture hiéroglyphique , il considère paradigme africain serait doté d'un pouvoir explicatif plus grand, que le paradigme sémitique qu'il considère comme biaisé[63]. Anselin estime également que les hiéroglyphes photographient le milieu écologique et sociétal qui les ont vus naître. Or, la faune et la flore des signes scripturaux égyptiens sont, selon lui, africaines, notamment de la région des Grands Lacs, au cur de l'Afrique et l'ichthyonomie égyptienne présenterait des similitudes avec les noms de poisson dans diverses langues "négro-africaines" contemporaines. Babacar Sall relève que dans la sign list de la grammaire égyptienne d'Alan H. Gardiner les symboles relatifs aux instruments de la pêche et de la chasse sont particulièrement nombreux, et estime qu'ils correspondent à des pratiques et techniques attestées dans toute l'Afrique noire, encore de nos jours. Anthropologie politique Les comparaisons de Diop entre l'institution de Pharaon et, entre autres, celle du Damel de Cayor ou du Mogho Naba du Mossi ont suscité d'autres recherches, notamment par Alain Anselin, mais également Cervello Autuori. Selon ce dernier auteur, l'institution politique dite de la royauté sacrée (Ivans-Pritchard, Luc De Heusch, Michel Izard) serait attestée en Égypte comme ailleurs en Afrique ; de même que la pratique ancestrale du régicide rituel. Le Pharaon, le Mansah, le Mwene ou le Mogho Naba sont des institutions structuralement analogues : sacerdotales et en même temps politiques. Elles se distinguent radicalement du Roi : La monarchie pharaonique fut-elle une royauté divine africaine ? Tout d'abord, il convient de remarquer qu'en Égypte le dieu-qui-meurt est Osiris et que, comme dans le cas des rois divins africains mais à la différence des autres dieux-qui-meurent d'Europe et du Proche-Orient anciens, Osiris est aussi roi (...). Comme les rois africains, Osiris est la personnification du principal aliment de la communauté, la céréale, l'orge (cf., par ex., Mystère de la succession, scène 9, 29-32 ; Textes des sarcophages, 269, 330 ; Luttes d'Horus et Seth, 14, 10 ; Textes du sarcophage d'Ankhnesneferibre, 256-302 ; Plutarque, Isis et Osiris, 36, 41, 65, 70 ; cf. aussi les "Osiris végétants", représentations du dieu en argile dans lesquelles sont enfoncées des graines de céréale qui finissent par germer), et lui-même ou bien les humeurs qui émanent de son cadavre s'identifient avec le Nil ou avec les eaux fécondantes de la crue (cf. Textes des Pyramides, 39, 117, 788, 848, 1360 ; Hymne de Ramsès IV à Osiris). La capitale de l'Égypte, Memphis, est un centre qui diffuse l'abondance parce que le cadavre d'Osiris flotta dans les eaux du Nil à sa hauteur et qu'il y fut enterré (Théologie memphite, 61-62, 64). C'est qu'Osiris, roi-dieu mort, dispense l'abondance précisément dans sa condition de mort, d'être sacrifié (Frankfort, 1948, chap. 2). En plus d'être le dieu-qui-meurt, Osiris est aussi le premier ancêtre de la royauté (être individuel) et, en tant que roi mort, celui auquel s'identifient tous les rois en mourant (être collectif). Osiris se ressemble donc en tous aspects au roi-dieu africain. (...) Pour conclure, nous pourrions nous demander comment s'explique cette parenté et, en général, comment s'expliquent les nombreux parallélismes qui existent entre l'Égypte et l'Afrique. Certains auteurs ont parlé de diffusion, d'autres de convergence. Nous préférons, quant à nous, la notion de substrat culturel pan-africain , compris comme un patrimoine culturel commun qui aurait eu son origine à l'époque néolithique et dont auraient émergé, ici et là dans l'espace et dans le temps, les diverses civilisations africaines historiques et actuelles. Les travaux de Diop dans ce domaine ont notamment inspiré l'ouvrage intitulé Conception Bantu de l'Autorité. Suivie de Baluba : Bumfumu ne BuLongolodi (Publications Universitaires Africaines, Munich-Kinshasa, 1994) des auteurs Kabongu Kanundowi et Bilolo Mubabinge. Critique de l'oeuvre de Diop Bien que démonstration ait été faite avant les travaux de Diop que l'égyptien n'appartient pas au groupe sémitique des langues afroasiatiques, il n'en résulte pas nécessairement qu'elle n'appartient pas au phylum afroasiatique. Ainsi, le linguiste comparatiste A. Loprieno notamment relève les caractéristiques communes à l'égyptien et aux autres langues afroasiatiques : entre autres la présence de racines bi- et trilitères, constantes dans les thèmes verbaux et nominaux qui en dérivent ; la fréquence de consonnes glottales et laryngales, la plus caractéristique étant l'occlusive laryngale ayn ; le suffixe féminin -at ; le préfixe nominal m- ; le suffixe adjectival i (le nisba arabe). À la Conférence internationale de Toulouse (septembre 2005), A. Anselin quant à lui a délivré une communication portant sur les noms de nombres en égyptien ancien où il considère deux courants d'influence, l'un tchado-égyptien, l'autre égypto-sémitique . La parenté génétique de l'égyptien ancien avec les langues négro-africaines contemporaines est pareillement contestée par certains philologues et lexicologues. Ainsi, Henry Tourneux, spécialiste des langues africaines (mbara, fulfulde, munjuk, kotoko) et membre de l'unité mixte de recherche Langage, Langues et Cultures d'Afrique noire (CNRS)[71], observe que la coïncidence de trois langues non contiguës ne garantit pas le caractère commun, négro-égyptien , d'un mot : en effet, il ne suffit pas qu'un fait linguistique soit attesté dans deux langues non contiguës du négro-africain contemporain (la troisième langue étant l'égyptien ancien ou le copte) ni que les champs sémantiques soient identiques pour que l'on ait la preuve que le fait linguistique en question relève d'une hypothétique matrice négro-égyptienne . Les critiques d'Henry Tourneux ont fait l'objet d'une réponse circonstanciée de Théophile Obenga dans "Le sens de la lutte contre l'africanisme eurocentriste", où il estime que son contradicteur n'est pas compétent en matière de linguistique historique comparative, ni même spécialiste de la langue égyptienne. En effet, Henry Tourneux est spécialiste des langues tchadiques et de la lexicographie peule . Par ailleurs, d'après Obenga, aucun linguiste spécialiste de linguistique historique n'a encore contesté ses travaux et ceux de Diop, particulièrement en ce qui concerne la régularité des propriétés communes aux langues négro-africaines, au copte et à l'égyptien ancien. Or, toujours selon Théophile Obenga, c'est très précisément cette régularité, faisant force de loi linguistique (Cf. F. de Saussure, A. Meillet, E. Benveniste), qui fonde sa théorie générale du "négro-égyptien" : des similitudes éparses, irrégulières entre les langues ou groupes de langues comparées pouvant relever, ou bien de coïncidences, ou - plus sûrement en l'espèce du paradigme afroasiatique - d'emprunts réciproques de langues dont les locuteurs sont géographiquement mitoyens depuis des millénaires. Pour Obenga, le fait même que les langues africaines modernes ne soient pas contemporaines de l'égyptien ancien, et que beaucoup de ces langues soient attestées à des milliers de kilomètres de l'Égypte, serait un argument favorable à sa théorie linguistique du "négro-égyptien" : L'énorme discontinuité géographique milite en faveur de l'exclusion de l'emprunt dans ces temps anciens, sur l'ensemble des concordances établies, morphologiques, phonétiques et lexicologiques. C'est-à-dire que la séparation très ancienne de la souche commune prédialectale élimine les effets de convergence, de hasard et d'emprunt. En d'autres mots, si des connexions de caractère sérial sont établies entre l'égyptien pharaonique, le copte et les langues négro-africaines modernes, on est autorisé de reconnaître un air de famille , une parenté par enchaînement selon l'expression de la systématique des plantes, même si l'on s'éloigne beaucoup du type initial, des prototypes reconstruits. Ainsi, le temps qui sépare l'égyptien ancien des langues africaines actuelles - un hiatus de 5000 ans - au lieu de constituer une difficulté se présente au contraire comme un critère sûr de comparaison (le temps qui sépare le hittite du portugais actuel est également énorme, mais rien n'empêche de comparer directement ces deux langues, dans un ensemble donné, pour rejoindre précisément l'indo-européen. oeuvres Nations nègres et culture : de l'antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui, (ISBN 2708706888) (1954) L'unité culturelle de l'Afrique noire, (ISBN 2708704060) (1959) L'antiquité africaine par l'image, (ISBN 2708706594) L'Afrique noire précoloniale. Étude comparée des systèmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique noire de l'antiquité à la formation des États modernes, (ISBN 2708704796) (1960) Les fondements culturels techniques et industriels d'un futur État fédéral d'Afrique noire, (ISBN 2708705350) Antériorité des civilisations nègres, mythe ou vérité historique ?, (ISBN 2708705628) (1967) Parenté génétique de l'égyptien pharaonique et des langues négro-africaines (1977) Civilisation ou barbarie, (ISBN 2708703943) (1981) Nouvelles recherches sur l'égyptien ancien et les langues africaines modernes, Présence Africaine, Paris, 1988. Ouvrage posthume. Voir aussi Cheikh M'Backé Diop, Cheikh Anta Diop, l'homme et l'oeuvre, éd. Présence Africaine, 2003 Théophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, éd. Khepera/Présence Africaine, 1996 Doué Gnonsoa, Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga : combat pour la Re-naissance africaine, éd. L'Harmattan, 2003 Djibril Samb, Cheikh Anta Diop, éd. NEA, Dakar, 1992 Pathé Diagne, Cheikh Anta Diop et l'Afrique dans l'histoire du monde, éd. Sankoré/L'Harmattan, 1997 Jean-Marc Ela, Cheikh Anta Diop ou l'honneur de penser, éd. L'Harmattan, 1989 François-Xavier Fauvelle, L'Afrique de Cheikh Anta Diop, éd. Karthala, 1996 Revue culturelle Nomade, n3, Dernières critiques de la pensée du savant africain Cheikh Anta Diop, éd. L'Harmattan, 1991 Revue culturelle Nomade, Cheikh Anta Diop, éd. L'Harmattan, 2000

  Boubacar Boris Diop

Tafsir Ndické Dièye est un écrivain sénégalais. Biographie Il est né le 8 juillet 1971 à Thiadiaye, dans le département de M'bour (Sénégal) et publie en langue française depuis 2004. Son père El Hadji Omar Dièye fut l'Imam Rahtib de la Grande Mosquée de sa ville natale de 1976 à 1989, date de sa mort. Sa mère s'appelle Oumy Sène. Il appartient à une famille maraboutique qui a eu à islamiser une grande partie des populations de Thiadiaye (Djéguéme dans l'histoire) par le biais de son grand père, Serigne Ndiawar Dièye, un Moukhadam de El Hadji Malick Sy, guide de la Tidjania de Tivaouane qui, après l'avoir formé entre Djardé, Diacsao et Tivaouane, l'envoya en mission à Thiadiaye. Il porte le nom du grand-père maternel de son père Tafsir Ndické Wade, un mystique réputé et fidèle compagnon de Mame Limamou Laye, fondateur de la Tariha Layène. Tafsir Ndické Dièye est un Animateur Culturel ayant eu à occuper le poste de Secrétaire Général de 1991 à 1993 à la direction du Centre de Lecture et d'Animation Culturelle (CLAC) de Thiadiaye. Il est aujourd'hui membre fondateur de la Société de Gestion du Gala de Reconnaissance, - Site:www.galadereconnaissance.com - une SARL qui distingue et rend un hommage international chaque année à une référence de la vie culturelle nationale et aux illustres personnalités de ce secteur vivant dans la diaspora. Il est le Chargé de la Direction Culturelle de cette société dont l'initiateur est le député-maire de Rufisque, Ndiawar Touré. Oeuvres éditées Romans policiers Casamance ou l'Assassinat de Madeleine, Lyon, Éditions Bellier, 2004 Ces fossoyeurs de la République, Québec, Éditions Mélonic, 2005 Biographie Doudou Ndiaye Rose le grand tambour-major du Sénégal, Dakar, CIGA Éditions, avril 2005 Romans policiers Odeur de sang, Dakar, CIGA Éditions, courant 2007 Les morts vous parlent... Poésie Bribes de Chanson, Dakar, Éditions Feu de Brousse, courant 2007 Silence on s'aime ... A l'enclos de la purification... Souvenirs de Lyon...

  Fatou Diome

Boubacar Boris Diop est un écrivain sénégalais. Biographie Né en 1946, romancier, essayiste, dramaturge, et scénariste, il fut aussi le directeur du Matin de Dakar. En 1998, il a participé, avec dix autres écrivains africains, au projet décriture sur le génocide au Rwanda : Rwanda : écrire par devoir de mémoire . Oeuvres de Boubacar Boris Diop Romans Le Temps de Tamango, Paris, LHarmattan, 1981, coll. Encres noires. Réédition : Paris, Le Serpent à Plumes, 2002, coll. Motifs (Prix du bureau sénégalais du droit dauteur) Les Tambours de la mémoire, Paris, LHarmattan, 1991, coll. Encres noires (Grand prix de la République du Sénégal pour les lettres) Les Traces de la meute, Paris, LHarmattan, 1993, coll. Encres noires Le Cavalier et son ombre, Paris, Stock, 1997 (Prix Tropiques) Murambi, le livre des ossements, Paris, Stock, 2000 Doomi Golo, Dakar, Papyrus, 2003 (en wolof) Limpossible innocence, Paris, Éditions P. Rey, 2004 Les Chiens du crépuscule, Paris, Editions Philippe Rey, 2006 Théâtre Thiaroye, terre rouge, Paris, Éditions LHarmattan, 1990 Essais politique Négrophobie, réponse aux "Négrologues", journalistes françafricains et autres falsificateurs de l'information, avec Odile Tobner et François-Xavier Verschave Les arènes, 2005 L'Afrique au-delà du miroir, Éditions Philipe Rey, Paris, 2007

  Aminata Maïga Ka

Rokhaya Aminata Maïga Ka était une femme de lettres sénégalaise, née le 11 janvier 1940 à Saint-Louis (Sénégal) et décédée le 9 novembre 2005 à Grand Yoff. Biographie Né en 1940 dun père songhaï qui était médecin et dune mère peule, dans une famille musulmane, Aminata Maïga Ka parle le français, le peul, le wolof et le bambara. Après des études primaires et secondaires à Thiès, elle poursuit sa scolarité à Grenoble en France, Puis à lUniversité de Dakar où elle obtient une maîtrise danglais. Elle débute ensuite une carrière denseignante puis une carrière administrative à la Commission nationale pour lUnesco puis au Ministère de léducation nationale et au Secrétariat dÉtat à la condition féminine. Elle occupe également le poste de conseiller culturel à lambassade du Sénégal à Rome et de représentant adjoint à la FAO et au Programme alimentaire mondial entre 1992 et 1995. Militante au Parti socialiste sénégalais, Aminata Maïga Ka a été vice-présidente de lAssociation des écrivains du Sénégal. Oeuvres 1985 : La Voie du Salut suivi de Miroir de la Vie 1989 : En votre nom et au mien 1998 : Brisures de vies

Fatou Diome est une écrivaine sénégalaise, née à Niodior en 1968. Après la parution dun recueil de nouvelles en 2001, son premier roman, Le Ventre de lAtlantique, lui vaut une notoriété internationale. Biographie Niodior, l'île natale Fatou Diome est née en 1968 sur la petite île de Niodior, dans le delta du Saloum, au sud-ouest du Sénégal. Elle est élevée par sa grand-mère. Contrairement à ce qu'exigent les traditions de sa terre natale, elle côtoie les hommes plutôt que d'aller aider les femmes à préparer les repas et assurer les tâches ménagères. Toujours en décalage avec le microcosme de l'île, elle décide d'aller à l'école et apprend le français. Sa grand-mère met un certain temps à accepter le fait qu'elle puisse être éduquée : la petite Fatou doit aller à l'école en cachette jusqu'à ce que son instituteur parvienne à convaincre son aïeule de la laisser poursuivre. Elle se passionne alors pour la littérature francophone. A treize ans, elle quitte son village pour aller poursuivre ses études dans d'autres villes du Sénégal tout en finançant cette vie nomade par de petits boulots : elle va au lycée de M'bour, travaille comme bonne en Gambie et finit par entamer des études universitaires à Dakar. A ce moment, elle songe à devenir professeur de Français, loin de l'idée de quitter son pays natal. Mais à 22 ans, elle tombe amoureuse d'un Français, se marie et décide de le suivre en France. Rejetée par la famille de son époux, elle divorce deux ans plus tard et se retrouve en grande difficulté, abandonnée à sa condition d'immigrée sur le territoire français. Pour pouvoir subsister et financer ses études, elle doit faire des ménages pendant six ans, y compris lorsqu'elle peut exercer la fonction de chargée de cours au cours de son DEA, fonction qui lui apporte un revenu insuffisant pour vivre. En 1994, elle s'installe en Alsace. Elle est étudiante à l'université de Strasbourg où elle termine aujourd'hui son doctorat de lettres modernes sur Le Voyage, les échanges et la formation dans l'uvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane, tout en donnant des cours. Elle se consacre également à l'écriture : elle a publié La Préférence nationale, un recueil de nouvelles, aux éditions Présence africaine en 2001. Le Ventre de l'Atlantique est son premier roman, paru en 2003 aux éditions Anne Carrière. Son second roman, Kétala, paraît en 2006. Son oeuvre La France et lAfrique, ainsi que la relation entre les deux pays, forment le cadre de ses uvres de fiction. Son style est inspiré par lart traditionnel de narration, tel quil est toujours connu dans lAfrique contemporaine. Avec ses descriptions précises et authentiques, un humour impitoyable et le langage tranchant, mais nuancé, qui la caractérisent, elle trace un portrait inquiétant des difficultés dintégration à larrivée en France harmonisé par des épisodes entremêlés de nostalgie et dagrément au souvenir de son enfance au Sénégal. La Préférence nationale, recueil de nouvelles, édition Présence Africaine, 2001 Le Ventre de lAtlantique, roman, éditions Anne Carrière, 2003 - éditions Le Livre de Poche 30239 Les Loups de lAtlantique, nouvelles, 2002 Dans le recueil : Étonnants Voyageurs. Nouvelles Voix dAfrique. Kétala, roman, 2006, Éditions Flammarion

  Amadou Lamine Sall

  Abdoulaye Sadji

Amadou Lamine Sall est l'un des plus importants poètes de lAfrique francophone contemporaine. Léopold Senghor a dit de lui quil est le poète le plus doué de sa génération. Biographie Né en 1951 à Kaolack, Sénégal, Amadou Lamine Sall est le Fondateur de la Maison Africaine de la Poésie Internationale et il préside aux destinées de la Biennale internationale de poésie à Dakar, au Sénégal. Lauréat du Grand Prix de l'Académie française, il est l'auteur de nombreuses anthologies de poésie qui ont été traduites en plusieurs langues. La poésie d'Amadou Lamine Sall figure au programme de nombreuses universités dans le monde. Son écriture fait également l'objet de nombreuses thèses de doctorat. Oeuvres Mante des aurores, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1979. Comme un iceberg en flammes, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1982. Femme fatale et errante ou Locataire du néant, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1988. Kamandalu, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1990. Anthologie des poètes du Sénégal, Édition le Cherche Midi. Nouvelle Anthologie de la poésie nègre et malgache de langue française avec Charles Carrère, Éditions Simoncini. Regards sur la Francophonie, Éditions Maguilen, 1991. J'ai mangé tout le pays de la nuit suivi de Problématique d'une nouvelle poésie africaine de langue française : Le long sommeil des épigones, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, 1994. Le Prophète ou le cur aux mains de pain, Éditions Feu de brousse, 1997. Amantes d'Aurores, Éditions Les Écrits des Forges (Québec) en coédition avec les Éditions Feu de brousse (Sénégal), 1998. Odes nues, Éditions En Vues, 1998. Les veines sauvages , Éditions Le Corbet, 2001. Noces célestes pour Léopold Sédar Senghor, Éditions Feu de brousse, 2004. Poèmes d'Afrique pour enfants, Anthologie, Édition le Cherche Midi. 2004

Abdoulaye Sadji est un écrivain sénégalais, né en 1910 à Rufisque (Sénégal) et mort le 25 décembre 1961 à Rufisque. Biographie Abdoulaye Sadji est né en 1910, à Rufisque. Son père, Demba Sadj, marabout et convertisseur, est d'origine sérère et sa mère Oumy Diouf est issue d'une famille musulmane léboue ancrée dans la tradition animiste. Après des études dans une école coranique, il entame ses études primaires à l'âge de onze ans, puis fréquente le Lycée Faidherbe avant d'intégrer l'Ecole Normale William Ponty. Il devient l'un des premiers instituteurs africains en 1929 et exerce en Casamance, à Thiès, Louga, Dakar et Rufisque, où il occupe ensuite le poste de directeur d'école et d'inspecteur Primaire de 1959 à sa mort, en 1961. Sadji est également le deuxième sénégalais (après Ousmane Socé Diop) à obtenir le baccalauréat en 1932, défiant ainsi les autorités coloniales. Sadji est également engagé dans le combat pour l'indépendance de son pays et peut à ce titre être classé parmi les pionniers de la Négritude. En effet, loin de la "Négritude du Quartier Latin", il pratique la "Négritude intérieure", et c'est à ce titre que Léopold Sédar Senghor dit de lui: (...) Abdoulaye Sadji appartient, comme Birago Diop, au groupe des jeunes gens, qui, dans les années 1930, lança le mouvement de la Négritude. Abdoulaye Sadji n'a pas beaucoup théorisé sur la Négritude: il a fait mieux, il a agi par l'écriture. Il fut l'un des premiers jeunes Sénégalais, entre les deux guerres mondiales, à combattre la thèse de l'assimilation et la fausse élite des 'évolués'. Il a, pour cela, multiplié, au-delà des discussions, articles et conférences . Son oeuvre compte entre autres des articles dans "Présence Africaine" ainsi que dans des revues telles que Paris-Dakar. Il est également l'auteur d'essais et de contes qui témoignent de son attachement et de son intérêt pour la culture africaine. Il s'agit d'oeuvres telles que Tounka (1952), Modou Fatim (1960) ou encore Leuk-Le-Lièvre (1953), en collaboration avec Léopold Sédar Senghor (qui en assure la partie grammaticale). Ses oeuvres les plus connues restent Maïmouna (1953), et Nini la mulâtresse du Sénégal (1954). Ces deux romans relatent le parcours de jeunes femmes africaines qui, à l'image d'un continent en transition,connaissent espoir, doutes et désillusions. Si ces deux dernières oeuvres analysent sans complaisance la société africaine, Sadji n'en fut pas moins un ardent défenseur de son pays et sa culture (notamment par la création de la première station radio en langue nationale). Cette culture, il la veut ouverte sur les autres civilisations. En témoignent son amour (inédit à l'époque) pour la culture germanique ainsi que le syncrétisme religieux qu'il a défendu et vécu, au grand dam de l'élite religieuse sénégalaise de l'époque. Tout ceci fait de Sadji un adepte de l'intellection vécue plutôt que feinte et un homme de lettres atypique, souvent en contradiction avec l'idéologie de l'époque. Oeuvre Romans 1951: Nini, La Mulâtresse du Sénégal, Présence Africaine, Paris 1958: Maimouna, Présence Africaine, Paris Nouvelles et contes 1948: Tragique Hyménée", paru dans Afrique-Matin, Dakar (janvier 1948) 1953: Leuk-Le-Lièvre (en collaboration), Paris, Hachette, EDICEF 1957: Un rappel de solde, paru dans Bingo(n57), Dakar (octobre 1957) 1952: Tounka, une légende de la mer, paru dans Paris-Dakar, puis chez Présence Africaine, Paris 1960: Modou Fatim, Imprimerie Diop, Dakar Essais 1964: Education africaine et Civilisation, Imprimerie Diop, Dakar 1985: Ce que dit la musique africaine (posthume), Présence Africaine, Paris Articles de presse 1946: "Rufisque, ancienne capitale de l'arachide", paru dans Paris-Dakar (23 novembre) 1949: "Le Roman dans la société coloniale", extrait de Littérature et Colonisation, Présence Africaine, Paris (n6) 1950: "Les Regrets de la Population Goréenne", paru dans Paris-Dakar (8 mai) 1950: "Le Pacte matrimonial", paru dans Paris-Dakar (juin) 1950 "En découvrant le ... Grand-Dakar", parus dans Paris-Dakar (juillet) 1950:"Série d'articles: "Voyage à travers les villes et "escales" au Sénégal", parus dans Paris-Dakar 1953: "Il nous faut des maisons d'éducation", paru dans Paris-Dakar (septembre) 1955: "De l'origine de quelques prénoms sénégalais", paru dans Paris-Dakar (juin) 1955: "L'Africain et la recherche scientifique", paru dans Paris-Dakar (août) 1955: "Pour une éducation rationnelle des masses", paru dans Paris-dakar (août) 1958: "La logique du romancier à propos de Modou Fatim", paru dans Paris-Dakar (janvier) 1958: "L'Horizon du Noir", paru dans Paris-Dakar (février) 1958: "Conseils aux parents d'élèves", paru dans Paris-Dakar (février) 1958: "Nit ou l'homme selon l'umanisme wolof", paru dans Paris-Dakar (mai-juin) 1958: "Culture négro-africaine", paru dans Démocratie nouvelle, l'Afrique Noire vous parle (numéro spécial) (juin)

  Phillis Wheatley

  Sylvestre Simon Samb

 Sylvestre Simon Samb est un écrivain sénégalais qui vit en France Biographie Il est né en Casamance, dans le sud du Sénégal, d'un père fonctionnaire de la gendarmerie et d'une mère couturière qui élève ses sept enfants. Elève assez doué pour les lettres, il ne rêvait que d'une chose, adolescent, devenir journaliste. La littérature le captive aussi. Tout petit, il écrit ses premiers poèmes, avant de découvrir au collège les oeuvres d'Emile Zola pour lesquelles il se passionne. L'envie d'écrire des livres se fera vite sentir. Il parcourt les grands auteurs français, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Albert Camus, Jean-Paul Sartre avant de tomber sur un livre de l'écrivaine noire américaine Toni Morrison qui l'époustoufle tant par sa verve romanesque que sa forme d'écriture qui puise son inspiration dans la culture afro-américaine. La curiosité l'amène à lire d'autres auteurs noirs: James Baldwin, Richard Wright et Chester Himes qui lui font non seulement découvrir des univers aussi prenants les uns que les autres mais, paradoxe, le renvoient à sa propre culture africaine pour laquelle il n'avait pas jusque-là un grand attrait. Après le lycée, il entreprend des études en communication, puis devient animateur de radio sur l'une des chaînes publiques sénégalaises. Entre temps, il esquisse ses premiers manuscrits, mais ce n'est qu'arrivé en France en 2000, qu'il trouve l'opportunité de se faire publier. Son premier roman Humanité misérable sort en 2002 aux Éditions L'Harmattan[1] de Paris. Un livre-cri où il illustre les maux qui ravagent l'Afrique d'aujourd'hui : guerres ethniques, génocides, corruptions et libertés d'expression entravées. En 2005, paraît son second ouvrage Dièse à la clef où il fait état du racisme et de certains préjugés liés à la couleur de la peau, un thème assez récurrent dans la littérature noire. Publications Humanité misérable (2002), éditions Encres Noires, 236 pages (ISBN 2747525880) Dièse à la clef, pour notes noires et blanches (2005), éditions Encres Noires, 240 pages (ISBN 2747588505)

Phillis ou Phyllis Wheatley, née le 5 décembre 1753 et décédée en 1784, est la première poétesse noire américaine de renom. Son livre Poems on Various Subjects fut publié en 1773, trois ans avant le début de la Révolution américaine. La jeunesse de Wheatley Née au Sénégal, Phillis fut capturée et vendue comme esclave à l'âge de 7 ans. Elle fut envoyée en Amérique en 1761, puis achetée à Boston par John and Susannah Wheatley. Bien que maintenue en esclavage par cette famille de marchands, elle reçut une assez bonne éducation qui lui permit d'apprendre le latin et le grec et d'étudier la Bible. Elle maîtrisa rapidement la langue anglaise et son premier poème fut publié alors qu'elle n'était âgée que de 13 ans. La poésie de Wheatley En 1770, elle écrivit un hommage poétique au calviniste George Whitefield, qui eut une large audience à Boston. Sa poésie fut louée par des personnalités de la Guerre d'Indépendance, dont George Washington, qui la remercia personnellement pour un poème qu'elle avait écrit en son honneur. Mais comme personne ne pouvait imaginer qu'une femme noire fût assez intellligente pour écrire de la poésie, elle fut sommée de défendre son talent lors d'un procès qui eut lieu en 1772. Le groupe de savants de Boston chargé de l'examiner conclut qu'elle avait vraiment écrit les poèmes qui lui étaient attribués. Ils signèrent une attestation qui parut dans la préface de son livre, Poems on Various Subjects, Religious and Moral, édité en 1773 à Londres, où il avait été publié faute d'avoir été accepté à Boston. Phillis et son fils ainé Nathanial Wheatley se rendirent alors à Londres, où Selina, comtesse de Huntingdon, et le comte de Dartmouth aidèrent à sa publication. Certains critiques considèrent la défense victorieuse de Wheatley devant la cour et la publication de son livre comme la première reconnaissance de la littérature noire américaine. En 1778, le poète noir américain Jupiter Hammon écrivit une ode à Wheatley. Hammon ne se cite jamais dans le poème, mais en la choisissant comme sujet de son uvre, il reconnaissait de facto leur lignée commune. La fin de Wheatley Après la mort de John et Susannah Wheatley, Phillis épousa un commerçant noir affranchi du nom de John Peters. Sa vie ne fut guère éloignée de celle d'une esclave. Ni son dur labeur ni ses talents artistiques ne purent lui procurer l'aisance financière à laquelle elle aspirait et elle mourut pauvre en 1784. Oeuvres An Elegy, Sacred to the Memory of the Great Divine, the Reverend and Learned Dr. Samuel Cooper, Who Departed This Life December 29, 1783 Memoir and Poems of Phillis Wheatley, a Native African and Slave (Boston: Published by Geo. W. Light, 1834), also by Margaretta Matilda Odell Poems on Various Subjects, Religious and Moral Published in 1773 in England[her most famous book] To His Excellency George Washington written for Washington-history's most famous piece of work-in 1776

PLANETE DES ARTS DE GORÉE