La cité islamique de Touba
Située en plein milieu du Sénégal (1552 de longitude ouest, 1452 de latitude nord; à 193 km de Dakar, 47 km de Diourbel et 7 km de Mbacké), la ville de Touba a été fondée en 1887 par Cheikh Ahmadou Bamba.
Dans son ouvrage MATLABUL FAWZEYNI ("La Quête du bonheur des deux mondes"), consacré à la cité de Touba, Cheikh Ahmadou Bamba y expose le dessein dévolu à la cité, à savoir, le modèle de société dont ont rêvé tous les grands penseurs musulmans : une cité réconciliant le spirituel et le temporel conformément à la sentance du Prophète (PSL):
"Le meilleur de ma communauté est celui qui ne laisse pas sa vie temporelle au profit de sa vie spirituelle, ni sa vie spirituelle au profit de sa vie temporelle, et qui ne vit pas aux dépens des hommes."
Cheikh Ahmadou Bamba veillera à ce que Touba présente toutes les caractéristiques d'une cité musulmane en y accordant une place éminente à la pratique de l'Islam, à la connaissance et à la prospérité économique.
Symbole de la vocation religieuse de la cité, la majestueuse Mosquée de Touba, le plus grand monument religieux musulman en Afrique noire, est le coeur de la ville.
A l'est de la mosquée, la bibliothèque.
Touba : une ville fondée pour la Face d'ALLAH
La cité de Touba constitue le symbole le plus parlant dans l'enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba. En effet, TOUBA constitue la matérialisation de l'ambition de Cheikh Ahmadou Bamba de réaliser l'Islam dans son essence, à savoir "Din, Dawla, Dunya" (religion, communauté et monde).
Dans l'étymologie, le terme TOUBA signifie "Le Grand Bien". Au moment de sa découverte par Cheikh Ahmadou Bamba en 1887, ce site retiré situé au centre du Sénégal, ne pouvait présenter d'intérêt que pour un mystique à la recherche d'un lieu assez dissuasif pour le commun des mortels, mais procurant l'isolement propice à des relations spirituelles. Son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba, lui consacrera une ode, MATLABUL FAWZEYNI (Quête de la réussite dans les deux mondes) dans laquelle il expose sa vision de Touba.
Le Cheikh y accorde une place éminente à la spiritualité et à la connaissance.
"Fais que cet établissement soit un établissement de piété, de science et de religion. Qu'il soit une source d'élevation." (vers 193)
"Fais que cet établissement soit un lieu d'adoration d'ALLAH le Miséricordieux et de rejet de Satan le Bâni." (vers 197)
"Fais que cet établissement soit un réceptacle d'enseignements, un lieu de méditation et d'entendement." (vers 218)
"Fais qu'il soit un lieu d'éducation et un magistère d'enseignements." (vers 219).
La réussite de ce lieu sera, outre ses fonctions premières, liée à sa prospérité économique et à son ouverture:
"Fais que cette terre soit une terre de richesse, de sécurité, de miséricorde, d'abondance tout le temps." (vers 201)
"Réunis en cet établissement tous les biens d'où qu'ils viennent (de l'Est, de l'Ouest, du Nord, du Sud, du ciel, de la terre)." (vers 226)
De la conjonction de tels avantages peuvent naître des dérives ou des catastrophes que Cheikh Ahmadou Bamba prie ALLAH d'exorciser:
"Protège mon établissement de tous les libertins ..." (vers 72)
"Protège cet établissement du vagabondage et de la délinquance et de la promiscuité.
Eloigne de cet établissement toute épidémie, toute catastrophe
Que son eau soit potable et son alimentation saine." (vers 224)
La cité de Touba, qui constitue aujourd'hui un pôle économique majeur au Sénégal, peut se targuer d'être l'unique cité au monde à être fondé dans le seul but de servir ALLAH. Cette dimension multiple de Touba qui va du spirituel au temporel explique la place de choix qu'occupe la sainte cité dans le coeur des adeptes de l'enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba (les mourides).
Dans l'esprit des membres de la communauté religieuse mouride, leur centre spirituel est perçu comme un lieu privilégié par ALLAH, un refuge sur terre comme dans l'au-delà.
En effet, selon l'hagiographie, Cheikh Ahmadou Bamba, au terme d'une ascèse particulièrement intense dans le mois de Ramadan de 1895, en sa mosquée de Darou Khoudoss à Touba, a recueilli du Prophète Muhammad (Sur Lui la Paix et le Salut du Très-Haut) des révélations sur son destin personnel et celui de Touba (pour plus de détails cf. le sermon de Cheikh Abdoul Ahad MBacké à l'approche du Magal de 1979) La gloire à laquelle il aspirait dans le service d'ALLAH, lui a-t-on appris, ne pouvait être atteinte qu'au terme d'épreuves incompatibles avec sa présence à Touba. Et le Prophète (PSl) de lui transmettre l'ordre divin: "Tu dois quitter Touba. Tant que tu demeures dans ce lieu, tu seras à l'abri des épreuves car ALLAH a exaucé toutes tes prières sur Touba."
Cela explique que les fidèles qui vivent hors de Touba expriment de manière unanime dans leurs dernières volontés le souhait d'y être enterrés un jour, en vue de la rédemption promise dans le vers 196 de l'ode "Matlabul Fawzeyni":
"Fais que cet établissement soit un lieu de pèlerinage pour les indigents ici bas.
Qu'il soit un argument décisif pour le contrevenant dans l'au-delà."
Les mourides se représentent donc Touba comme leur pôle spirituel majeur au Sénégal. A ce titre, chaque mouride se fait un devoir de contribuer à son prestige et à son rayonnement, en y aménageant une demeure sur la parcelle obtenue gratuitement, et, en vivant le message de paix et de fidélité à ALLAH et au Prophète (PSL) de l'Islam délivré par les enseignements et la vie de Cheikh Ahmadou Bamba.
Quelques écrits de Cheikh Ahmadou Bamba
Masaalik-ul Jinaan (Les Itinéraires du Paradis)
Huqal Buka-u (Faut-il pleurer les Maîtres Soufis?)
As Sindidu (Muhammad -PSL-, Le Généreux Chef)
La Bibliothèque Cheikh Ahmadou Bamba de Touba
Il y a un peu plus de vingt ans (1977) que le troisième khalife de Touba,Cheikh Abdoul Ahad Mbacké décidait de créer, à Touba, une grande bibliothèque où seraient regroupés tous les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba. Cette tâche est toujours en cours, du fait de l'énorme quantité des écrits du Cheikh.
La bibliothèque "Cheikh Al Khadim" de Touba ("Daaray Kaamil"), outre les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, contient aussi une large collection d'ouvrages sur toutes les disciplines et sciences sur l'Islam .
La bibliothèque porte le nom de "Cheikh Al Khadim" c'est-à-dire le Serviteur du Prophète (Paix et Salut sur Lui), un nom que ALLAH a donné à Cheikh Ahmadou Bamba quand il était en route pour l'exil.
Vue externe de la bibliothèque "Cheikh Al Khadim" de Touba
Cheikh Abdoul Ahad Mbacké a créé la bibliothèque dans le but de rassembler, autant que faire se peut, les uvres du Cheikh Ahmadou Bamba et aussi les ouvrages de culture générale, en particulier les ouvrages cités dans lesdites uvres.
Les compositions littéraires de Cheikh Ahmadou Bamba sont divisés pour l'essentiel, en deux parties: le Cheikh a écrit autant en prose qu'en poésie qu'on appelle Xasida (Khassaïdes).Cependant, l'habitude est de désigner par le vocable Khassaïdes aussi bien la partie prosaïque que les poèmes du Cheikh.
Un effort gigantesque a été fait pour rassembler les écrits du Cheikh. Malgré tout, la bibliothèque qui dispose en son sein d'une unité d'impression, ne contient pas encore l'ensemble des écrits du vénéré, parce que personne ne peut dire tout ce que le Cheikh a écrit. Il existe plusieurs raisons à cela:
D'abord parce que, à chaque fois que le Cheikh terminait un texte, il le donnait souvent à celui qui était à ses côtés et chacun considérait ce qu'on lui donnait, comme sa propriété, un trésor bien à lui et, qu'à ce titre, il gardait jalousement.
Il y a ensuite, qu'une partie de ces écrits ont été enterrés ou jetés à l'eau pendant l'exil, par exemple.
Une autre partie est détenue par les descendants du Cheikh et n'est pas encore mise à la portée du public.
C'est dire que, le Cheikh a beaucoup écrit et il est rare, pour ne pas dire impossible de rencontrer son égal dans le monde islamique au point de vue quantité mais également au point de vue qualité. Et il l'a dit : "Mon miracle réside dans mes écrits".
Outre les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, les ouvrages acquis pour la bibliothèque concernaient, à l'origine, des ouvrages de droit. Le droit malikite, cité notamment par le Cheikh dans ses compositions, a été ciblé.
Par la suite, comme il y avait une université islamique en construction, Cheikh Abdoul Ahad a étendu l'acquisition des ouvrages à toutes les disciplines: sciences, religions, culture générale. Ces ouvrages seront donc mis à la disposition des chercheurs et des étudiants qui fréquenteront cette université.
C'est ainsi que l'on trouve dans cette bibliothèque islamique - qui est aussi une bibliothèque publique - des ouvrages de toutes sortes : encyclopédie, ouvrages de généralités, bibliothéconomie, psychologie, philosophie, morale, logique, religion, sociologie et droit, etc. Bref, les ouvrages qu'on trouve dans les bibliothèques courantes mais aussi ceux qu'on ne trouve que dans les bibliothèques spécialisées.
Il y a un peu plus de vingt ans (1977) que le troisième khalife de Touba,Cheikh Abdoul Ahad Mbacké décidait de créer, à Touba, une grande bibliothèque où seraient regroupés tous les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba. Cette tâche est toujours en cours, du fait de l'énorme quantité des écrits du Cheikh.
La bibliothèque "Cheikh Al Khadim" de Touba ("Daaray Kaamil"), outre les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, contient aussi une large collection d'ouvrages sur toutes les disciplines et sciences sur l'Islam .
La bibliothèque porte le nom de "Cheikh Al Khadim" c'est-à-dire le Serviteur du Prophète (Paix et Salut sur Lui), un nom que ALLAH a donné à Cheikh Ahmadou Bamba quand il était en route pour l'exil.
Vue externe de la bibliothèque "Cheikh Al Khadim" de Touba
Cheikh Abdoul Ahad Mbacké a créé la bibliothèque dans le but de rassembler, autant que faire se peut, les uvres du Cheikh Ahmadou Bamba et aussi les ouvrages de culture générale, en particulier les ouvrages cités dans lesdites uvres.
Les compositions littéraires de Cheikh Ahmadou Bamba sont divisés pour l'essentiel, en deux parties: le Cheikh a écrit autant en prose qu'en poésie qu'on appelle Xasida (Khassaïdes).Cependant, l'habitude est de désigner par le vocable Khassaïdes aussi bien la partie prosaïque que les poèmes du Cheikh.
Un effort gigantesque a été fait pour rassembler les écrits du Cheikh. Malgré tout, la bibliothèque qui dispose en son sein d'une unité d'impression, ne contient pas encore l'ensemble des écrits du vénéré, parce que personne ne peut dire tout ce que le Cheikh a écrit. Il existe plusieurs raisons à cela:
D'abord parce que, à chaque fois que le Cheikh terminait un texte, il le donnait souvent à celui qui était à ses côtés et chacun considérait ce qu'on lui donnait, comme sa propriété, un trésor bien à lui et, qu'à ce titre, il gardait jalousement.
Il y a ensuite, qu'une partie de ces écrits ont été enterrés ou jetés à l'eau pendant l'exil, par exemple.
Une autre partie est détenue par les descendants du Cheikh et n'est pas encore mise à la portée du public.
C'est dire que, le Cheikh a beaucoup écrit et il est rare, pour ne pas dire impossible de rencontrer son égal dans le monde islamique au point de vue quantité mais également au point de vue qualité. Et il l'a dit : "Mon miracle réside dans mes écrits".
Outre les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, les ouvrages acquis pour la bibliothèque concernaient, à l'origine, des ouvrages de droit. Le droit malikite, cité notamment par le Cheikh dans ses compositions, a été ciblé.
Par la suite, comme il y avait une université islamique en construction, Cheikh Abdoul Ahad a étendu l'acquisition des ouvrages à toutes les disciplines: sciences, religions, culture générale. Ces ouvrages seront donc mis à la disposition des chercheurs et des étudiants qui fréquenteront cette université.
C'est ainsi que l'on trouve dans cette bibliothèque islamique - qui est aussi une bibliothèque publique - des ouvrages de toutes sortes : encyclopédie, ouvrages de généralités, bibliothéconomie, psychologie, philosophie, morale, logique, religion, sociologie et droit, etc. Bref, les ouvrages qu'on trouve dans les bibliothèques courantes mais aussi ceux qu'on ne trouve que dans les bibliothèques spécialisées.
La bibliothèque est constituée pour l'essentiel de trois parties. La plus grande partie est réservée aux écrits du Cheikh, mais également aux témoignages de ses contemporains sénégalais et mauritaniens, notamment. Leurs écrits pour exalter les grands mérites du Cheikh ont été rassemblées dans une grande salle.
Une autre est réservée aux ouvrages de culture générale où on trouve toutes les disciplines classifiés de 0 à 9 conformément à la classification décimale d'Hué :
0 pour les généralités,
1 pour la philosophie,
2 religions,
3 les sciences sociales,
4 les langues,
5 les sciences pures,
6 les sciences appliquées,
7 les beaux-arts,
8 littératures et
9 représentant l'histoire.
Enfin, il y a deux autres salles pour le Coran écrit et imprimé sur place, mais aussi le Coran imprimé, édité dans certains pays musulmans, mais aussi dans d'autres pays à minorité musulmane tels que certains pays européens: de la Guinée jusqu'en Inde, au Pakistan en passant par le Proche-Orient et le Moyen-Orient, mais également en Europe. La bibliothèque est d'ailleurs communément désignée par "daaray kaamil" : la demeure du Coran.
C'est là aussi qu'on trouve une espèce de musée où il y a les coffres ayant appartenu au Cheikh et dans lesquels sont gardés ses documents et ses livres qui se trouvaient auparavant à Keur Gou Mag (Diourbel) et qu'on a offert au khalife, pour consécration, après la construction de la bibliothèque.
C'est aussi dans cette partie qu'on trouve un morceau de la couverture de la Kaaba, qui a été offert au khalif Cheikh Abdoul Ahad par le Président de la République du Sénégal au retour d'un voyage effectué en Arabie-Saoudite.
PLANETE DES ARTS DE GORÉE

