LES GORÉENS
Angrand armand pierre
Armand Pierre Angrand (1892-1935), maire de Gorée et de Dakar en 1934. Fils de Léopold Angrand (1859-1906) notable métis descendant de Signare de Gorée.Petit Fils de pierre Angrand (1820- ) riche armateur et négociant de Joal et de Héléne De Saint-Jean (1826- ) petit fille d'Estoupan de Saint-Jean qui signa la capitulation de gorée en 1858 face au Anglais.
Il a écrit un guide élémentaire destiné aux européens (Manuel Français-Ouolof, avant-propos de Théodore Monod vivant au Sénégal et devant leur fournir les éléments de base sur lesquels ils pourront, le cas échéant, asseoir leurs acquisitions ultérieures. Avec en annexe les curiosités de la langue ouolof et des appendices sur les principales tribus ouolof (sant) et la composition des noms individuels.
Dans un autre oeuvre il présente l'origine du peuplement de la région de Dakar (Sénégal). Dans " Les Lébous de la presqu'île du Cap-vert " (1951) il fait une approche sur les coutumes des Lébous et leurs parentés avec les anciens égyptiens nilotiques (Egypte = Kemet. Littéralement pays des noirs).
Sur le même thème, En 1951 Cheikh Anta Diop (1923-1986) historien et anthropologue sénégalais prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l'Université de Paris, dans laquelle il affirme que l'Égypte ancienne était peuplée d'Africains noirs et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l'Afrique de l'Ouest. Il ne parvient pas à rassembler un jury pour examiner cette thèse. Elle rencontre pourtant un grand écho sous la forme d'un livre, Nations nègres et culture, publié en 1955.
Armand pierre Angrand fut également l'un des correspondants au Sénégal de "Universal Negro Improvement Association" (UNIA) mouvement crée par Marcus Garvey. Il ne fut jamais arrêté malgré la découverte d'une trace d'expédition d'un "bunble of Negro World". Les investigations des services de sécurité français ne permirent pas également d'arrêter John Kamara représentant de lUNIA.
Anne Pépin
Femme signare : aquarelle de l'abbé David Boilat, (extrait de son ouvrage "Esquisses sénégalaises", 1853
À la fin du XVIIIe siècle, Gorée accueille le chevalier de Boufflers qui se fait nommer gouverneur du Sénégal. C'est l'époque de Gorée la joyeuse où les signares dont la plus célèbre est Anne Pépin (Marié à Dupuy bernard fils) animent l'île de nombreuses fêtes. Cette réputation de Gorée la joyeuse attire de nombreux visiteurs de marque dont le prince de Joinville François d'Orléans (1818-1900), fils du roi Louis Philippe. Les signares se font construire des maisons dont l'architecture fait la synthèse de diverses expressions culturelles.(escaliers à l'italienne).
Léopold Angrand (1859-1906)
Est un notable métis descendant de Signare de Gorée. Fils de Pierre Angrand (1820-?) et de la riche Signare Hélène de Saint-Jean (1826-1859, morte en couche), elle même petite-fille du gouverneur Estoupan de Saint-Jean et de la Signare Marie Thérèsse Rossignol.
Léopold Angrand fut marié à Mathilde Faye Guéloware, nièce du Bour (roi) Sine Coumba Ndofféne Diouff. Parmi ses descendants l'on trouve ses fils Armand-Pierre Angrand, auteur d'un livre consacré au peuple Lébou et d'un dictionnaire français-wolof ; un autre fils Alexandre Angrand siéga au conseil général de la colonie du Sénégal et fut l'ami intime du chef religieux musulman Seidou Nouroutal. Le prénom Léopold fut donné à sa mort en 1906 à Sédar Senghor, poète-président, par le père de ce dernier, Dioko Senghor, ami intime et collaborateur de Léopold Angrand.
Un arrière-petit-fils de Léopold Angrand, petit-fils d'Alexandre Angrand, Jean-Luc Angrand publie en 2006 Céleste ou le temps des signares, un livre qui retrace la vieille histoire des mulâtres du Sénégal à travers le règne des Signares et met fin au mythe de la Maison des Esclaves de Gorée.
Signare
A partir du 18e siècle, le terme signare était l'appellation des jeunes femmes métisses, issues de la rencontre de riches colons français avec les jeunes femmes sénégalaises de la bourgeoisie et de la noblesse de rufisque (rufisco) au 17e siècle puis de Gorée et finalement jusqu'au milieu 19e siècle de Saint Louis.
Femme signare : aquarelle de l'abbé David Boilat, (extrait de son ouvrage "Esquisses sénégalaises", 1853
Aux origines, les premières communautés européennes étaient exclusivement masculines. Aussi, très tôt se mirent-ils en ménage avec des femmes indigènes de la petite cote (Sénégal).
Les femmes étaient des africaines nobles guêloware (en wolof), léquivalent de la noblesse française. Les Signares (Victoria Albis, Anne Pépin...) ne se mariaient jamais avec de simples matelots (Pierre Loti en sait quelque chose) mais avec des cadres bourgeois ou aristocrates français et anglais. Ces mariages étaient des mariages daffaires conclus au départ entre un chef de village ou un roi africain et un commerçant européen (vers 1600 sur la petite côte). Ce concubinage appelé "mariage à la mode du pays" durait le temps du séjour du conjoint européen. Il donna progressivement naissance à une communauté intermédiaire, celle des mulâtres :
Le chevalier Stanislas de Boufflers gouverneur du Sénégal en 1785 pris pour compagne la fameuse Anne Pépin qui possédait l'actuel "maison dite des esclaves".
Plus tard, ces enfants issus de ces mariages furent suffisamment nombreux pour que les mariages se fassent à 80% au sein de leur petite communauté. Cest la raison pour laquelle Senghor parlait dune Aristocratie mulâtre. Elles réussirent au cours de différentes périodes a résister aux différents gouverneurs fraîchement débarqués.(Mémoire des Gouverneur du Sénégal). De part leur métissage (cousinage en France) ils arrivaient a toucher les instances du pouvoir afin de contrecarrer toutes décisions déstabilisant leur mode de vie.
Ils occupairent à partir du milieu du XIXe siècle des positions importantes dans l'administration française et developpairent leurs affaires (Morel & Prom...)
Les mulâtresses, appelées communément Signares (qualificatif de rang et non pas de couleur), réputées pour leur beauté envoûtante héritèrent de ces unions de richesses importantes qu'elles firent fructifier habilement. Certaines amassèrent des fortunes colossales et développèrent un art de vivre somptueux.
Entre coquetterie quotidienne, fêtes dominicales et entretien de suites grouillantes de petites captives richement parées (esclaves sauvés de la traite négrière et intégré aux maisons des Signares), elles menèrent des vies de femmes fatales, cultivant à l'extrême la sensualité.
Goréens célèbres
Stanislas de Boufflers (1738-1815)
Jean-Baptiste Belley (1746-1798), député
Anne Pépin (1747-1837)
François d'Orléans (1818-1900)
Léopold Angrand (1859-1906)
Blaise Diagne (1872-1934), homme politique
E. Dandy (1887-1953), acteur
Armand-Pierre Angrand (1892-1964)
Successions royales
Pépin de Landen ou Pépin I.
Pépin de Herstal ou Pépin II ou Pépin le Jeune.
Pépin le Bref ou Pépin III.
Pépin, fils de Pépin le Bref.
Pépin d'Italie, un des fils de Charlemagne.
Pépin (815 - 840 ?), fils de Bernad, roi d'Italie
Pépin Ier d'Aquitaine (797 - 838), roi d'Aquitaine
Pépin II d'Aquitaine (823 864), roi d'Aquitaine
Pépin le Bossu
Pépin de Landen dit Pépin le Vieux
Alphonse Pépin (1842), journaliste et publiciste français.
Anne Pépin, signare célèbre.
Clermont Pépin (1926 - ), compositeur québécois.
Fatima Houda-Pépin (1951 - ), femme politique québécoise.
Jean Pépin (1939 - ), homme politique français.
Joseph Pépin (1763 - 1811), général français.
Marcel Pepin (1926 - 2000), syndicaliste et journaliste
québécois.
Philippe Pépin, animateur de radio au Québec.
Stéphane Pépin, adjoint au Maire de Bessan (Hérault).
PLANETE DES ARTS DE GORÉE
